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15-11-2017 12:16

15-11-2017

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Économie

Hausse des cours de pétrole, baisse des prix des phosphates à l’international, investissement public mal réparti... L’année 2017 ne sera pas de tout repos pour l’économie du Maroc.

De grands défis attendent l’économie marocaine en 2017. Dans sa dernière lettre mensuelle, le Centre marocain de conjoncture (CMC) émet ses principales alertes concernant l’état des équilibres macroéconomiques pour les 12 prochains mois. D’abord,  le Centre prédit un impact non négligeable de la hausse des cours de pétrole sur les équilibres financiers du royaume. Bien que portant sur des volumes relativement modestes, l’accord de l’OPEP pourrait être décisif pour accélérer un rééquilibrage du marché. «Si cet accord est bien appliqué, le marché pétrolier pourrait être rééquilibré dès le premier semestre 2017 et même connaître un déficit d’offre au deuxième trimestre», prévient le CMC. Si la hausse des cours s’avérait durable, cela ne manquera pas de produire des effets globalement négatifs sur l’économie marocaine, même si cela favoriserait la transition et l’efficacité énergétiques. Bien que l’impact sur le déficit public soit maîtrisé grâce à la réforme de la compensation, celui sur la balance commerciale demeure inquiétant.

Les importations se faisant en devises, la hausse des cours aura pour effet de baisser le niveau des réserves de changes. Cela pourrait également altérer le pouvoir d’achat des ménages marocains et la compétitivité des entreprises. Les prix internationaux sont intégralement répercutés sur les prix à la pompe du fait de l’élimination des subventions sur les produits pétroliers.

À ce titre, le CMC estime qu’une importante hausse des prix du carburant impactera négativement les trois premiers postes de budget des ménages marocains, à savoir l’alimentation, le transport et l’énergie qui représentent ensemble près de 57% des dépenses des ménages. Parallèlement, l’un des grands secteurs exportateurs du Maroc devrait continuer à connaître des difficultés. Il s’agit des phosphates et dérivés, qui continuent à faire face à une conjoncture internationale défavorable. L’environnement de court et moyen termes demeure marqué par des variations des prix de ce produit, très lentes et parfois instables. Ces mouvements erratiques, à partir de novembre 2008 surtout, s’expliquent surtout par l’insécurité d’approvisionnement alimentaire ayant prévalu au cours de cette période, accentuée par l’instabilité des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord.

En 2016, la conjoncture mondiale a fortement impacté les exportations du Maroc en phosphates et dérivés. Malgré ces difficultés, le secteur a encore de beaux jours devant lui avec la hausse continue des besoins alimentaires et de la démographie mondiale, et la disponibilité au Maroc de l’une des plus importantes réserves mondiales. À ce titre, la politique du Groupe OCP durant les prochaines années est d’abord de consolider les acquis pour mieux négocier l’avenir. La part d’OCP dans le marché international devrait passer de 30% actuellement à 50% à long terme et ce, malgré les perturbations cycliques que connaissent la production de phosphates et dérivés. Dans sa dernière lettre mensuel, le CMC s’inquiète également de la mauvaise répartition de l’investissement public.

L’analyse du CMC sur la période allant de 2000 à 2015 montre que l’investissement se concentre dans des secteurs à faible valeur ajoutée et qui impactent le moins l’emploi. Le secteur du BTP absorbe ainsi 52% de l’investissement public alors même qu’il n’est responsable que de 9% du stock d’emploi et de 7% de la valeur ajoutée créée annuellement. Le secteur de l’industrie (y compris l’artisanat) est concerné par 40% des investissements alors qu’il ne représente que 11% du stock d’emploi et 23% de la valeur ajouté. En revanche, l’agriculture n’est concerné que par 2,1% des investissements, mais représente le plus grand employeur (39%) et génère près de 16% de la valeur ajoutée.

Aussi, le secteur des services n’est concerné que par 6,2% des investissements, mais génère le plus d’emplois (40%) et de valeur ajoutée (55%). Il est à noter que l’investissement public représente une composante importante de l’investissement global au Maroc : près de 52% contre 34% pour l’investissement des ménages et 15% pour celui des entreprises privées.   

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