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Au cours du mois de septembre, les ménages doivent faire face à deux événements majeurs: Aïd al Adha et la rentrée scolaire. En étudiant l’impact de ces dépenses sur le budget des ménages, le HCP révèle des données croustillantes.

La coïncidence de la rentrée scolaire avec la fête de Aïd al Adha donne du fil à retordre aux ménages marocains. C’est en tout cas ce qui ressort d’une étude du Haut-commissariat au plan (HCP) qui passe au scan l’impact de ces événements sur le budget des ménages. Ainsi, «pour les 20% des ménages les moins aisés, le total de cette double dépense dépasserait 78% de leur dépense moyenne totale sur un mois». Le département d'Ahmed Alami Lahlimli précise que ces deux occasions constituent, chaque année, des moments importants pour les ménages marocains, que ce soit en termes de changements d'habitudes ou en termes de contraintes, notamment pécuniaires, qu’elles leurs imposent. Le sacrifice de Aïd al adha prélève près de 29% en moyenne de la dépense globale mensuelle du ménage marocain. Sur la base de cette moyenne, la charge financière sur le budget des ménages est variable selon leur niveau de vie: cette charge représente plus de la moitié (57%) de la dépense globale mensuelle pour les 10% des ménages les plus pauvres, contre 15% pour les 10% les plus aisés.

Les riches n’observent pas le rituel!
Sur un autre registre, le HCP révèle des données sociologiques intéressantes. L’obligation religieuse de l'aïd est largement mais inégalement observée. En effet, selon les données des enquêtes nationales sur la consommation et les dépenses des ménages réalisées par le HCP, le rituel du sacrifice à l’occasion de la fête de Aïd al Adha n’est pas accompli par l’ensemble des ménages marocains: 4,7% d’eux ne l'ont pas accompli en 2013. Cette proportion a baissé, comparativement à la période 2000/2001, où elle avait atteint 5,2%. Le non accomplissement de ce rituel est plus souvent le fait des ménages citadins et individuels. Les ménages urbains sont plus enclins à ne pas sacrifier de mouton que les ruraux (5,9% contre 2,5%). Les ménages individuels constituent la catégorie la moins concernée par le sacrifice de Aïd al Adha (46,5%). Cette proportion tombe jusqu’à 0,8% pour les ménages composés d'au moins 6 personnes. Par ailleurs, «il s’avère que plus on est riche et instruit, plus on à tendance à se soustraire à cette obligation religieuse», indique le Haut-commissariat. Près de 12% des ménages appartenant au 10% de la population la plus aisée ne sacrifie pas de mouton à l'occasion de l'aïd contre moins de 2% pour les ménages relevant des 10% de la population la plus pauvre. De même, 11,6% des chefs de ménage d’un niveau d’enseignement supérieur s’inscrivent dans cette tendance, contre 4% pour les chefs de ménage sans niveau d'instruction.

Scolarité, hausse des prix de 40% en 10 ans
S’agissant de la rentrée scolaire, le HCP note que les prix dans le secteur de l’enseignement ont tendance, ces dernières années, à augmenter continuellement avec un rythme supérieur à l’inflation. Depuis 2007, le prix global dans le secteur s’est apprécié annuellement de 3,4% en moyenne (ce qui a engendré au final une hausse cumulée de 40% sur dix ans). Les secteurs de l’enseignement secondaire et présecondaire sont plus dynamiques en la matière, avec une hausse moyenne annuelle de leurs prix de 4%. Il est à noter aussi que les frais d’inscription ont le plus tiré vers le haut (+4,7% en moyenne), comparativement aux frais de scolarisation (+3,3%).

La rentrée scolaire 2013/2014 a accaparé en moyenne 26% (environ 1.751 DH) de la dépense mensuelle des ménages marocains ayant des enfants scolarisé (qui représentent 62,2% du total des ménages). Par personne scolarisée, cette dépense s’est située à 844 DH. Elle varie en fonction du milieu de résidence, passant de 1.093 DH par enfant en milieu urbain et à 443 DH en milieu rural. Un ménage parmi les 20% les plus aisés supporte une charge 5,6 fois plus élevée que celle d’un ménage appartenant aux 20% les moins aisés. Ces charges avoisinent respectivement 2.099 DH et 373 DH. 


L’aïd, 41% de la consommation annuelle
Pour s’acquitter du rituel de sacrifice, les ménages marocains optent pour les ovins dans leur majorité (96,2%). Le reste étant orienté vers les caprins (3,3%), comme c’est le cas notamment en milieu rural, et les bovins (0,5%). Par ailleurs, Aïd al Adha représente près de 41% de la quantité annuelle des viandes rouges consommée par les ménages. Cette dernière est plus élevée pour les 20% des ménages les plus pauvres (65,4%), contrairement au quintile le plus aisé (31,3%). Par ailleurs, le prix moyen des animaux d'abattage, à cette occasion, s’est élevé à 1.841 DH en 2013 contre 1.100 DH treize années auparavant (en 2000/01), enregistrant ainsi une augmentation de 67%, soit l’équivalent de +4% annuellement. La dépense générée par l’ensemble des ménages a atteint 13 milliards de DH.

Credit Agricole Fellah Trade 201/ 2019

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