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Le chef de gouvernement Saâd-Eddine El Othmani prépare un plan d’implémentation du programme gouvernemental. Un exercice sous forme de test de la cohérence de l’Exécutif.

À quelques jours de la rentrée politique et sociale, les équipes du chef de gouvernement se préparent à présenter le bilan des 100 jours de l’Exécutif. «C’est un travail de coordination et de consolidation du bilan des différents départements ministériels», précise Ahmed Khalid Benomar, conseiller du chef de gouvernement. Et d’ajouter: «Tous les 15 jours, nous recevons une situation de la part des différents ministères relative à la mise en œuvre des mesures prioritaires prévues par le gouvernement». Passé cette phase de démarrage, le chef de gouvernement s’attellera à la préparation d'un plan d’implémentation du programme gouvernemental et de ses 240 mesures. Saâd-Eddine El Othmani oeuvre à améliorer la convergence des stratégies des différents ministériels.

L’OCDE recommande «un document de politique générale»
Le 29 juillet dernier, une commission a réuni les secrétaires généraux des départements ministériels pour accorder les violons de l’Exécutif. Au menu de cette réunion, l'étude de l’état d’avancement du plan d’implémentation du programme gouvernemental. «Ce document de 1.000 pages est une traduction, par des mesures concrètes, de l’action de l’Exécutif», précise le conseiller du chef de gouvernement. Et d’annoncer: «Ce travail est bien avancé». Cette mission de pilotage s’inscrit dans l’engagement présenté dans le programme gouvernemental. «Le gouvernement s’engage, à travers l’ensemble de ces composantes, à assurer les conditions et les garanties fortes d’efficacité du travail de l’Exécutif, dans le cadre d’un programme gouvernemental clair et contractuel, basé sur des priorités précises», peut-on lire dans ce document. Ce programme décline cet engagement en 5 axes dont le premier est celui du «partenariat et de l’harmonie». Pour renforcer ce travail de coordination, le chef de gouvernement s’appuie sur ses partenaires internationaux: l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et la Banque africaine de développement (BAD). Parmi les projets réalisés avec l’OCDE, on peut citer l’Examen multidimensionnel de l’économie du pays.

D’ailleurs, parmi les leviers identifiés pour accélérer le développement du Maroc figurait «la cohérence des politiques publiques». Ce document, publié en juillet dernier, émet la recommandation suivante: «L’action publique gagnerait en efficacité si les différentes politiques publiques sectorielles étaient plus cohérentes entre elles, dans leurs objectifs et dans leur mise en œuvre. En l’absence de document de politique générale du développement, la plupart des politiques sectorielles sont élaborées en silos avec des mécanismes de coordination parfois défaillants». La coopération avec la BAD fait, elle, suite au «Diagnostic de croissance du Maroc: analyse des contraintes à une croissance large et inclusive» publié en 2015. Depuis, les services du chef de gouvernement bénéficient de l’appui de cette institution pour renforcer leurs missions ainsi que pour la production d’analyses et rapports. Ce projet, en cours depuis le mandat du gouvernement Benkirane, devrait connaître une accélération durant l’actuel Exécutif. «Notre objectif est d’améliorer la mise en œuvre du plan d’action du gouvernement», précise Benomar.

Sur le plan opérationnel, le programme de soutien de la BAD se traduit par le recrutement de consultants au profit des services du chef de gouvernement. «Des consultants travaillent actuellement avec nous sur le plan de l’implémentation du programme gouvernemental», annonce Benomar. Le programme avec la BAD permettra de réaliser des études sur plusieurs dossiers sensibles comme la réforme de la Caisse de compensation et les caisses de retraites. «La faiblesse des études existantes réside dans le fait qu’elles soient sectorielles. Nous aurons à réaliser des études de synthèse sur ces questions», détaille le conseiller du chef de gouvernement. Ces réformes ne sont pas prévues à court terme, précise-t-on. «Il s’agira de préparer des scénarios globaux, faisables en complémentarité avec les études sur le ciblage réalisé par l’Intérieur ou les Finances». La préparation du plan d’implémentation du programme gouvernemental constitue un test pour la convergence. 


Ahmed Khalid Benomar
Conseiller du chef de gouvernement

Les Inspirations ÉCO: Quels sont les dossiers économiques prioritaires au niveau du chef de gouvernement ?
Ahmed Khalid Benomar : Notre action s’inscrit dans le programme gouvernemental. Le troisième axe de ce document vise «à améliorer le modèle économique, l’employabilité et le développement durable». Entre autres actions concrètes, il s' agit de repenser le modèle des incitations fiscales et d'améliorer la Charte d’investissement. Nous pensons que les incitations doivent avoir un impact sur des secteurs prioritaires comme l’industrie.

Le gouvernement vise le 50e rang sur le classement du Doing Business. Cet objectif est-il atteignable ?
Oui, cette cible choisie avec nos collègues de la Commission nationale de l’environnement des affaires (CNEA) est à notre portée. Le Maroc peut progresser rapidement dans ce classement à travers des réformes administratives. Un plan d’action a été mis en place. La toute récente réunion de la CNEA tend à confirmer ces mesures.

Les différents rapports nationaux et internationaux alertent sur la faiblesse de la création de l’emploi au Maroc. Comment y remédier ?
Le défi du Maroc n’est pas celui de l’emploi, mais l’employabilité. Le programme prévoit d’ailleurs de lancer un vaste chantier de stages au sein du secteur public d’une durée de 6 à 12 mois pour améliorer l’employabilité des jeunes diplômés. Cette mesure rejoint la contractualisation dans le secteur public. De notre point de vue, la fonction publique ne doit pas être une fin en soi. 

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