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Avec sa nouvelle méthode de gestion et son parcours, le nouveau ministre de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique réussira-t-il à mettre en œuvre la réforme tant escomptée ? Hassad est très attendu pour mener une véritable campagne d’assainissement du secteur.

Le Maroc n’a plus le choix que de préparer le terrain à une véritable réforme de l’enseignement. Pour partir sur des bases solides, l’assainissement du secteur s’impose. Les premiers pas sont visiblement entamés par le nouveau ministre de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Mohamed Hassad, dont la nomination à la tête de ce méga-département a été une véritable surprise. Dès les premiers jours, Hassad a affiché son intention de prendre le taureau par les cornes. Sa nouvelle méthode de gestion est à la fois redoutée et saluée par les hauts responsables qui sont appelés à redoubler d’efforts et à être constamment aux aguets, confie aux Inspirations ÉCO une source interne au ministère, tout en précisant que le secteur a, en effet, besoin d’être géré d’une main de fer pour instaurer la discipline et mettre fin au laisser-aller qui marque tant certaines directions sur le plan central que les écoles. On s’attend à ce que certains «ténors» du département de l’Éducation nationale soient forcés de céder la place à de nouveaux responsables pour injecter du sang neuf dans le ministère.

Ce département a, en effet, fortement besoin d’un coup de fouet au niveau de la gestion et de la gouvernance ; deux volets vertement critiqués par les rapports aussi bien nationaux qu’internationaux. Le poste le plus stratégique est, sans conteste, celui du secrétaire général, qui est détenu depuis 2009 par Youssef Belqasmi. À cela s’ajoute le poste clé du directeur des affaires générales, du budget et du patrimoine, qui est confié depuis 2010 à Younes Benakki. Dans le cadre de la gestion territoriale du secteur, le changement pourrait également toucher la direction des Académies régionales de l’éducation et de la formation qui ont un grand rôle à jouer en matière de mise en œuvre de la vision de réforme de l’enseignement et qui n’ont pas échappé aux critiques acerbes de la Cour des comptes.

Le contrôle érigé en priorité
Le nouveau ministre -qui a démis tous les membres de l’ancien cabinet de son prédécesseur, malgré les recommandations de Belmokhtar- compte sur son nouveau chef de cabinet, Abdelouahab Benajiba (ancien directeur d’académie) pour mettre le doigt sur les véritables dysfonctionnements. Le nouveau locataire du ministère de l’Éducation nationale, qui a reçu des responsables centraux et régionaux, a enchaîné les visites de terrain pour constater de visu les difficultés logistiques, techniques et pédagogiques. Le contrôle semble être le maître-mot de Hassad qui est connu pour être un homme de gestion. C’est d’ailleurs son point fort. Sauf que sa mission ne sera pas aisée. Le secteur de l’enseignement a, en effet, ses propres spécificités, au vu de la nature de ses composantes et de la force de ses syndicats. Malgré toutes les contraintes, la réorganisation s’avère une nécessité.

Le chantier de la réforme de l’enseignement a besoin d’une véritable restructuration qui constitue la tendance actuelle du nouveau responsable gouvernemental, comme le souligne le politologue Omar Cherkaoui. Cette structuration se base, selon lui, sur le contrôle à travers, entre autres, une rupture avec plusieurs figures à qui on associe les causes de l’échec du secteur ainsi que sur des mesures incitatives, comme la lutte annoncée contre la saturation des classes et l’annulation de la décision d’interdire aux enseignants du public de travailler dans le privé.

Le budget des investissements à augmenter
Hassad qui détient les trois départements de l’Éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle, pourra-t-il vraiment mettre en œuvre la réforme tant attendue de l’enseignement et dispenser une éducation de qualité à quelque sept millions d’élèves ? Si Hassad -qui a visiblement une marge de manœuvre plus grande que les autres ministres- réussit à prendre des décisions urgentes et à véhiculer des signaux positifs aux corps enseignants et aux cadres des ministères en évitant de s’attarder sur les détails et les conflits avec les différents acteurs, il va réussir sa mission, selon Cherkaoui. Un autre point s’avère de la plus haute importance : l’augmentation des investissements dédiés au secteur. C’est une condition sine qua non, de l’avis du parlementaire de la Fédération de la gauche démocratique, Omar Balafrej dont une grande partie des propositions d’amendements sur le projet de loi de finances a été axée sur l’enseignement : «Si on ne dégage pas des budgets conséquents pour l’éducation nationale, le meilleur ministre du monde ne réussira pas à relever le défi de la réforme du secteur».

D’ailleurs, le ministre lui-même a critiqué au Parlement la baisse du budget de son secteur. Pour le jeune député, il faut que l’éducation au Maroc devienne l’alpha et l’oméga de toute décision publique à tous les niveaux et dans tous les domaines. 

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