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La généralisation de l’enseignement préscolaire reste toujours un vœu pieux. L’enseignement public est appelé à œuvrer pour prendre en charge au moins 80% des élèves préscolarisés, comme le souligne le ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Hassad. Le défi est de taille au vu du retard à rattraper.

L a généralisation du préscolaire s’impose pour réussir la réforme escomptée de l’enseignement. Le Maroc part pratiquement de zéro dans ce domaine. L’offre publique ne dépasse pas actuellement 7 à 8% des effectifs des élèves en âge préscolaire. L’enjeu est lourd, comme vient de le souligner, hier à Rabat, Mohamed Hassad, ministre de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique lors du deuxième colloque international sur l’enseignement préscolaire au Maroc organisé par la Fondation BMCE Bank pour l’éducation et l’environnement en collaboration avec le département de tutelle. Le gouvernement tend à généraliser l’enseignement préscolaire dont la mise en œuvre sera progressive.

L’obligation de ladite généralisation ne sera effective qu’après l’adoption du projet de loi cadre relativf à la réforme du système d'éducation. Un intérêt particulier devra être accordé surtout au milieu rural où le taux de couverture des structures préscolaires est trop faible. Le secteur privé est en effet quasi-absent dans les campagnes et le périurbain. Ainsi, une grande responsabilité incombe à l’enseignement public. L’objectif affiché par le nouveau chef du département de l’éducation nationale est d’atteindre 80% des élèves préscolarisés dans les structures publiques.

Contrainte financière
L’ambition est grande, mais elle risque de se heurter à la contrainte du financement. En dépit de son importance, le secteur n’avait pas un budget qui lui était spécialement dédié. Ce n’est qu’au cours de l’année 2016, rappelons-le, que 43,5 MDH ont été consacrés à l’enseignement préscolaire. On s’attend à ce que ce budget soit révisé à la hausse. Même les académies régionales sont appelées à faire un effort en budgétisant une ligne à cette fin. «La généralisation du préscolaire nécessite énormément de moyens», souligne Hassad. Le calcul est simple à faire. Sur les 1,2 million d’enfants en âge d’accéder à cet enseignement, entre 400.000 et 500.000 ne sont pas préscolarisés. L’opération de généralisation de l’enseignement préscolaire nécessiterait une enveloppe de 3 à 4 MMDH en se basant sur le coût unitaire moyen annuel qui est de 3.000 DH par enfant.

À cela s’ajoute le coût de la formation des ressources humaines et pour cela quelque 100.000 éducateurs sont à former, selon Hassad. L’État, à lui seul, ne pourra pas relever le défi. Le secteur privé est appelé à la rescousse, mais sa part ne devra pas dépasser 20 à 25%, d’après le ministre de l’Éducation nationale.
Pour venir à bout de l’obstacle du financement, le partenariat est on ne peut plus déterminant. À ce titre, une grande responsabilité incombe aux académies. Pour leur faciliter la tâche, le ministère leur a octroyé, il y a quelques mois, un modèle de convention qu’elles pourraient conclure avec les opérateurs ou les associations désireux de s’investir dans le préscolaire moyennant un financement complet ou partiel des actions qui seront menées.

Un référentiel contre l’anarchie
Outre le défi du financement, l’enjeu de la lutte contre l’anarchie qui caractérise l’enseignement préscolaire au Maroc est au cœur du plan d’action du département de tutelle. À cet égard, un cadre référentiel a été élaboré pour mettre fin aux dysfonctionnements dont le manque d’un contenu pédagogique unifié répondant aux critères de qualité. L’absence d’un cadre unifié et la multiplicité des intervenants causent une grande disparité en matière d'objectifs, d'approches adoptées, de moyens de formation des éducateurs…Il était nécessaire de répondre aux orientations du Conseil supérieur de l’éducation nationale qui appelle à l’adoption d’un modèle pédagogique spécifique, unifié dans ses finalités et ses objectifs et diversifié dans son style et ses méthodes en vue de garantir la cohérence et la modernisation des programmes, des méthodes pédagogiques et des ressources matérielles et éducatives. Le document devra être mis en œuvre à partir de la prochaine rentrée scolaire.

Premier du genre, ce référentiel va permettre de mettre de l’ordre dans le secteur. Il porte sur plusieurs volets dont le cadre curriculaire, les compétences pédagogiques fondamentales, les domaines d’activités, les approches et l’évaluation des apprentissages, l’encadrement et la supervision... L’adoption d’un modèle pédagogique spécifique, unifié dans ses finalités et ses objectifs et diversifié dans son style et ses méthodes, garantira, comme le précise le Conseil supérieur de l’éducation, la cohérence et la modernisation des programmes, des méthodes pédagogiques et des ressources matérielles et éducatives. Il facilitera une offre de service et un rendement de qualité, de façon équitable pour tous les enfants en âge d’accéder à cet enseignement.  


Medersat.com : Des résultats probants

Le programme medersat.com lancé en 2001 par la fondation BMCE Bank figure parmi les initiatives privées réussies. La présidente de cette fondation Leila Meziane Benjelloun affiche sa fierté des résultats obtenus avec un taux de rétention des enfants à l’école préscolaire à la fin du cycle primaire dépassant les 98% et un taux de scolarisation de la fille en milieu rural avoisinant 90%. «L’ensemble des enfants en bas âge ayant bénéficié des services du préscolaire intégré dans nos 63 écoles Medersat.com implantées essentiellement en milieu rural défavorisé et réparties sur l’ensemble du territoire marocain depuis bientôt 17 ans a atteint 28.350 enfants dont la moitié sont des filles», relève Leila Meziane Benjelloun. 

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