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Décryptages / Focus

Après la polémique sur l’utilisation de la darija dans l’enseignement, il semble fondamental de se poser des questions sur la conception des manuels scolaires. Quelle est la responsabilité du ministère, et quid de la marge de manœuvre des éditeurs ? Comment s'effectuent les révisions ? La refonte totale globale des programmes et des manuels nécessite la mise en place d’une commission permanente, prévue par la loi-cadre de l’enseignement. Le point avec Fouad Chafiki, directeur des curricula au ministère de l’Éducation nationale.

Le Maroc, rappelons-le, occupe un des derniers rangs dans le classement Trends in International Mathematics and Science Study (TIMSS), qui concerne les mathématiques, et dans le classement PIRLS, mesurant la maîtrise de la lecture chez les élèves de quatrième année primaire. Il est désormais prouvé que l’absence de maîtrise de la lecture au niveau primaire produit des effets irréversibles sur le développement cognitif de l’élève tout au long de son parcours scolaire et affecte négativement sa productivité à l’âge adulte. Le mauvais score des élèves marocains n’est-il pas le résultat des choix adoptés en matière d’élaboration des programmes scolaires nationaux ? Une accusation rejetée en tout cas par le directeur des curricula au ministère de l’Éducation nationale, Fouad Chafiki. Outre le classement décevant des élèves marocains dans les tests internationaux d’évaluation, la vive polémique sur l’utilisation de la darija dans l’enseignement impose de passer au crible la manière avec laquelle sont conçus les programmes et les manuels scolaires.

Libéralisation de la conception des manuels
Depuis 2002, la Charte nationale d’éducation et de formation a préconisé que les manuels scolaires soient multiples pour la même discipline et le même niveau, afin que les enseignants en choisissent le plus adapté à leurs élèves. Après un benchmark international, il a été décidé de recourir à l’ouverture de la concurrence pour la conception et la production de manuels scolaires alors que, par le passé, cette tâche incombait au ministère de l’Éducation nationale. Jusque-là, l’appel à candidature a été ouvert une seule fois. Quelque 37 éditeurs sur la quarantaine qui y a participé ont été autorisés à éditer des manuels scolaires sur la base d’un cahier des charges bien défini. La part de l’éditeur qui a obtenu le plus de manuels homologués ne dépasse pas 11%. Les éditeurs et leurs équipes pédagogiques doivent se conformer aux orientations du ministère de tutelle. À cet égard, Fouad Chafiki est on ne peut plus clair: «Le manuel scolaire n’est qu’une représentation du programme scolaire ou ce l’on appelle le curriculum scolaire». L’élaboration des curricula doit obéir à nombre de critères et passe par plusieurs étapes. En premier lieu, il faut définir le profil de sortie de chaque cycle et de chaque niveau scolaire. En effet, les contenus des manuels scolaires servent un objectif précis, celui de former un citoyen sur la base d’un consensus national ayant trait à la mission et au rôle de l’école. Cette étape est primordiale et devra se faire en amont de l’élaboration du curriculum, et par la suite des contenus. Théoriquement, le choix des contenus et des disciplines doit refléter l’image construite sur le profil de sortie. Chaque discipline doit permettre aux apprenants de développer leurs connaissances à l’issue de chaque niveau scolaire et chaque cycle. À cela, s’ajoutent les méthodes d’enseignement qui «ne sont pas neutres», précise Fouad Chafiki. En outre, les outils pédagogiques et didactiques utilisés dans l’école sont on ne peut plus déterminants. Le matériel doit soit accompagner l’enseignement pour faciliter l’apprentissage, soit -parfois- réduire le temps d’apprentissage. En parallèle, il faut aussi avoir des instruments pour mesurer les apprentissages. Les évaluations nécessitent un cadre qui leur soit dédié. C’est ainsi qu’à la fin de chaque cycle de l’école marocaine, des cadres de référence des examens sont mis en place. Ils sont une sorte de contrat didactique entre l’école et l’enseignant, d’une part, et entre l’élève et l’enseignant de l’autre. À ce titre, il y a lieu de souligner que le Maroc est appelé à réformer son système d’évaluation et à le rendre plus efficace. Outre toutes ces composantes qui constituent le curriculum scolaire, un document d’orientation générale est établi par le ministère. Depuis 2002, la mission du département de l’Éducation nationale s’arrête en grande partie à ce niveau-là, soit à la production du curriculum scolaire qui pourra être mis en place dans l’école. Les projets de manuels élaborés par des commissions au niveau des éditeurs sont corrigés, validés et homologués par le ministère.

Respect des consignes
Actuellement, le système éducatif compte 390 manuels homologués entre 2002 et 2007. Tous les autres manuels, appelés livres parascolaires, sont élaborés par des individus ou des éditeurs. Seuls les établissements privés ont le droit, après justificatifs, d’utiliser des manuels étrangers comme manuels supplémentaires à ceux homologués par le ministère. Aujourd’hui, une cinquantaine voire une soixantaine d’éditeurs travaillent dans le domaine du parascolaire. Les éditeurs qui ont été homologués sont censés respecter les consignes du ministère ayant trait à l’introduction dans les manuels scolaires de certaines révisions périodiques. Plusieurs révisions ont eu lieu pour répondre aux différents changements que connaît le Maroc, notamment la réforme du Code de la famille, l’adoption de la nouvelle Constitution, le recensement de 2014, le nouveau découpage régional… Les nouvelles éditions doivent être validées par le ministère avant leur mise en circulation. 


Quid du budget ?

Les dépenses du ministère via la direction des curricula se limitent à l’expertise relative à la tenue des commissions chargées de la conception de ceux-ci, et de celles chargées de la validation des manuels. Sur le plan quantitatif, quelque 30 millions de manuels sont annuellement imprimés en cas de non-révision des manuels scolaires. On estime à 70 millions le nombre de manuels scolaires qui circulent dans les établissements scolaires. Quant au chiffre d’affaires du livre scolaire, il est estimé entre 400 et 500 MDH. Ce montant augmente lors des années qui connaissent une révision des manuels. Globalement, le chiffre d’affaires de la rentrée scolaire tourne autour de 1 MMDH (livres, fourniture, cartables…).

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