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Décryptages / Focus

Le texte sur le service militaire obligatoire a été adopté. Tous les citoyennes et citoyens de 19 à 25 ans devront passer un an sous le drapeau. L’objectif de cette décision est de redonner «un sens» à la vie d’une jeunesse désœuvrée, en perte de repères, mais elle ne fait pas l’unanimité. Décryptage...

Arrêté en 2007, le service militaire était uniquement obligatoire pour les hommes et ciblait une catégorie précise de la population, notamment les ruraux. Aujourd’hui, il fait l’actualité. Certaines dispositions le concernant connaîtront en effet des modifications. Tout d’abord, le service militaire concerne tous les hommes et femmes âgés de 19 à 25 ans, à quelques exceptions près. En effet, seront dispensés les personnes à mobilité et capacité réduites, les enfants uniques, les femmes mariées, les soutiens de famille. Les étudiants pourront finir leurs formations avant de rejoindre les rangs de l'armée. Le service militaire s’effectuera sur une durée de 12 mois, et chaque personne mobilisée percevra une indemnité de 2.000 DH par mois. À souligner que les personnes dispensées sont susceptibles d'être appelées, jusqu'à l'âge de 40 ans, «en cas de cessation du motif d’exemption». Le service militaire, qui vise tous les jeunes, quels que soient leur milieu social et leur origine, est destiné à devenir le socle d'une «solidarité nationale» renforcée. Il s'agit aussi de pallier l'échec de la mission de l'école, en attendant que les réformes mises en place portent «enfin» leurs fruits. Mais qu’en pensent les principaux concernés, les jeunes et leurs familles? Il est certain que les avis divergent.

«Le service militaire inculque une rigueur et forge un état d’esprit fort, grâce à un rythme, certes, aussi difficile physiquement que mentalement. Cela permettra de rendre ces jeunes plus sérieux car c’est devenu rare au Maroc aujourd’hui, même du côté de ceux qui sont soit disant éduqués», avance un professeur à l’Université Hassan II. «C’est une solution immédiate et efficace, et quitte à ne pas être scolarisé ou à ne pas travailler, autant faire quelque chose de productif plutôt que de prendre le risque de tomber dans la délinquance. C’est l’ennui qui incite les gens à faire de mauvaises choses», renchérit cet ingénieur dans une grande entreprise casablancaise.

Pourtant, nombreux sont les opposants au service militaire obligatoire. Beaucoup estiment que cette solution ne sert qu'à «colmater des brèches». «Après l'armée, si le jeune ne trouve pas de travail, il retournera à la rue», indique un cadre. «C’est antidémocratique, on ne peut pas venir et imposer à un jeune qui travaille ou qui a des projets de tout arrêter, même si ce n’est que temporaire pour un service militaire, surtout que l’État nous invite constamment à nous débrouiller par nous-mêmes», avance une étudiante en droit. Plus implicitement, le service militaire crée un vif débat chez les Marocains. Toutefois, tous ne se sentent pas concernés au même degré. En effet, plusieurs jeunes estiment que le service militaire est une bonne chose, mais qu’il n’est pas fait pour eux. «Nous ne nous voyons pas dans l'armée, ce n'est pas pour nous», confirment, unanimes, deux étudiants de HEC Paris et de l’IE Madrid. Chez d’autres jeunes, pour leur plupart issus des classes populaires, la préoccupation est de savoir quel sera leur avenir après l'armée. Car si c'est le chômage qui les attend, le passage dans l'armée ne servira à rien, estiment-ils.


Un engagement citoyen

Pour le géographe et chercheur en sciences sociales, Mostafa Yahyaou, le service militaire est une opportunité dans le contexte actuel car les jeunes ont besoin d’un encadrement supplémentaire, surtout au niveau de l’éducation citoyenne. Étant donné que le système éducatif présente une carence à ce niveau-là, cela est nécessaire. Aujourd’hui, les jeunes ont dépassé une certaine limite de la liberté, ils ont des difficultés à accepter l’autorité, que ce soit de leur famille ou de l’école. Perdus dans la société moderne, ils ne savent pas utiliser leur liberté à bon escient, notamment leurs libertés individuelles et civiques ; ils utilisent une liberté qui n’est pas en accord avec la cohésion sociale. «Regardez comment ils parlent de leurs rapports sexuels ou amoureux, regardez la fréquence des viols. Ce sont constamment des jeunes de 16 à 25 ans qui sont impliqués dans ces histoires», dit-il. Pour lui, la jeunesse qui s’est mobilisé lors du Printemps arabe, celle qui milite pour des droits, celle qui sait donc utiliser sa liberté, elle est minoritaire. Le contenu du civisme militaire doit être adapté à l’enjeu du comportement de la jeunesse et, par conséquent, aux besoins du vivre ensemble.   

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