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Décryptages / Focus

Made in Morocco est un programme de recherche appuyé par l’Académie Hassan II des sciences et techniques. Il analyse le processus d’industrialisation dans ses articulations avec le développement. Les détails.

Cette étude couvre une période de vingt ans de politiques industrielles. Son point de départ est l’année 1998. «Cette année correspond au moment où le choix d’inscrire le Maroc dans une nouvelle trajectoire de développement économique et social a été acté dans la politique conduite par le gouvernement Abderrahmane Youssoufi», explique Nourreddine El Aoufi, président de l’Association marocaine des sciences économiques (AMSE) et à l’initiative de cette étude. Made in Morocco fait écho à Made in America (1989) et Made in France (1993). Ces travaux ont été réalisés à un moment où les pouvoirs publics de ces pays s’interrogent sur les conséquences de l’insertion dans le processus de mondialisation économique en cours, la principale d’entre elles étant un risque élevé de désindustrialisation. Les chercheurs impliqués reprendront le même cadre d’analyse dans ces pays ? «L’enjeu pour le Maroc est de mener une réflexion équivalente - observer et analyser la dynamique d’un système productif national dans le contexte de la mondialisation et porter un diagnostic sur cette dynamique», répond El Aoufi. Le professeur d’économie à l’Université Mohammed V de Rabat prévient pourtant que l’objectif ne sera pas «une simple duplication de travaux réalisés pour des pays industrialisés de longue date mais en adaptant l’analyse à la situation du Maroc, c’est-à-dire celle d’un pays en développement faisant le choix de renforcer les conditions endogènes de son industrialisation en correspondance de phase avec les modalités les plus favorables de l’insertion dans le régime international».

«Une diversification remarquable»
Les premiers résultats de cette étude ont été présentés lors du congrès de l’AMSE tenu le 29 juin 2019 à Rabat. Les principaux résultats de l’analyse de l’évolution du secteur de l’industrie au Maroc entre 1998 et 2015 ont été présentés par le professeur Bernard Billaudot de l’université de Grenoble-Alpes en France. Principal constat: «L’évolution de l’industrie manufacturière marocaine (hors pétrole) au cours de la seconde sous-période a donc été beaucoup plus favorable excepté pour le textile- habillement et cuir. On assiste à une diversification tout à fait remarquable même si elle n’a pas eu l’ampleur constatée dans les nouveaux pays industriels asiatiques», conclut Billaudot. Cette conclusion a été le fruit de l’analyse de la croissance de l’industrie manufacturière (hors pétrole), mesurée en prenant en compte l’activité propre (la valeur ajoutée en volume) au cours de la période 1998-2015. Cette croissance était de 3,4% par an en moyenne, soit moins que celle de l’ensemble de l’économie qui a été de 4,1%. «Le poids de l’industrie s’est donc quelque peu réduit», note le chercheur français. Ce dernier distingue deux périodes de croissance. «Cette croissance a été un peu plus rapide au cours de la seconde sous-période (2007-2015) avec 3,6% l’an qu’au cours de la première (1998-2007) avec + 3,4% l’an mais elle reste inférieure à la croissance globale qui est de 4% l’an», compare-t-il. La baisse du poids de l’industrie ne se limite donc pas à la première sous-période dont la principale caractéristique est qu’elle a été marquée par un fort abaissement des droits de douane qui a favorisé les importations et pesé de ce fait sur la croissance. La seconde période a connu aussi une baisse de régime. L’analyse du chercheur permet d’expliquer ce ralentissement par les contre-performances de l’industrie du textile. «La croissance au cours de la seconde sous-période (2007-2015) est impactée par la «crise de 2008». C’est la branche textile, habillement et cuir qui a été de loin la plus impactée avec une croissance négative sur l’ensemble de la sous-période (- 2,4%). Tel n’est pas le cas dans les autres branches qui progressent plus que l’économie globale, notamment en raison d’une élévation forte du taux d’exportation. Tel est le cas des industries mécaniques et électriques, de la chimie et des industries agricoles et alimentaires», conclut Billaudot.


Made in Morroco : 30 chercheurs, 3 volumes

Ce programme de recherche mobilise 30 chercheurs marocains et étrangers. Il se compose de trois volumes : Volume 1 : «Made in Morocco : industrialisation et développement», volume 2 : »Made in Morocco : profils sectoriels et émergence industrielle» et volume 3 : «Made in Morocco : l’entreprise marocaine entre marché et industrie». «Ces travaux ont consisté à se livrer à une analyse positive du système productif national, à établir sur la base de cette analyse un diagnostic des forces et faiblesses de ce système et à tirer de ce diagnostic un certain nombre de propositions de politique économique générale et industrielle», résume El Aoufi.

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