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Décryptages / Focus

Les plaintes des saisonnières pleuvent sur la justice espagnole après qu'un syndicat local s'est intéressé au sort de ces travailleuses. Or, les employeurs dénoncent une campagne de manipulation et de dénigrement menée par le SAT.

Que se passe-t-il réellement dans les champs de Huelva ? Le mouvement de protestation des saisonnières qui s'est déclenché ces derniers jours, à l'initiative du syndicat andalou des travailleurs SAT, a suscité beaucoup de remous. Hier, ce syndicat a accompagné quatre saisonnières marocaines pour déposer de nouvelles plaintes où ils accusent un présumé «Antonio», un contremaitre en charge des ouvrières dans une exploitation, d'abuser d'elles sexuellement et de les soumettre à des actes sexuels non consentis. Le parquet de Huelva avait déjà évoqué des indices d'abus sexuels sur les quatre victimes identifiées par la police et Guardia Civil et non les plaintes volontaires, et ce avant de remettre le dossier entre la justice. Or, il semblerait que ce syndicat proche du parti d'extrême gauche Podemos a réussi, vendredi dernier, à convaincre près de 100 saisonnières marocaines à saisir la justice espagnole pour contester les conditions de travail et non-respect de la convention collective. À ce moment là, il ne s'agissait pas encore de demandes pour dénoncer des sévices sexuels. Le syndicat pointait du doigt une entreprise dénommée Doñana 1989. Durant le week-end, l'employeur en question a décidé de renvoyer dans des autocars, les saisonnières marocaines. Pour le SAT, cet acte est une forme de représailles contre les plaintes déposées vendredi. De plus, les plaignantes allaient formuler des allégations devant l'inspection du travail lundi matin. D'où la précipitation des gérants de la ferme agricole à faire vider les lieux, croit savoir le syndicat andalou. 

Contacté par Les Inspirations ÉCO, Manuel Matos, l'un des gérants de l'exploitation agricole Doñana 1989, peine à cacher sa colère. «C'est une mascarade ce qui se passe, tout ce qui a été colporté dans la presse est faux», nous a-t-il confié. Selon la version des faits des responsables de cette entreprise, le syndicat a «manipulé» ces femmes et leur a fait miroiter des rêves. «Nous ne maltraitons aucune femme, je démens formellement toutes ces accusations. Nous opérants dans le secteur depuis 38 ans, et disposons de certification qui atteste de notre bonne conduite. D'ailleurs toutes les délégations marocaines qui se sont déplacées dans cette région nous ont rendus visite et ont tout constaté de visu», conteste-t-il. Comme preuve de l'engagement de sa firme auprès des femmes enrôlées au Maroc, Manuel Matos évoque aussi une formation prodiguée il y a peu sur la prévention des mauvais traitements dans le milieu de travail. «C'est un scandale ce qui se passe. C'est la politique de Podemos qui est derrière ce mouvement», proteste-t-il. Les professionnels du secteur de la province de Huelva se sont réunis pour répondre aux agissements du syndicat, souligne Manuel Matos. Mais pourquoi les saisonnières ont-elles été conduites à Algésiras afin qu'elles regagnent le Maroc avant la fin de leur contrat? Selon la version de cet entrepreneur, la campagne a dû être abrégée à cause des conditions météorologiques qui ont affectés la durée de la campagne, prétend-t-il.

Concernant la fin des contrats avant le terme indiqué initialement, le gérant avance comme explication le fait que par précaution, les entrepreneurs proposent la date du 31 juillet comme jour de fin des prestations. Cela pour éviter que les saisonnières doivent abandonner les lieux au cas où la campagne se rallonge, à cause de la fin de leur contrat. «L'année dernière la campagne a pris fin le 13 juin», se défend-t-il. Parmi les couacs adressés par le syndicat, le fait que les journalières n'ont pas été payés à temps. Sur ce point, Manuel Matos rétorque que la paie est versée le  5 de chaque mois et ce depuis toujours». «Nous allons répondre à ces accusations devant la justice», affirme-t-il. Le responsable espagnol a estimé que tout ce qu'avance les saisonnières marocaines sont des allégations sans fondements. «Elles parlent d'abus systématique comme si c'était un bordel ici. Il y a des familles qui travaillent dans cette entreprise et des femmes s'affairent ici depuis 12 ans», ajoute-t-il.


Statut spécial

Plusieurs médias et observateurs se sont demandés sur le timing choisi par ce syndicat connu par ses méthodes révolutionnaires pour secouer la marmite. L'on parle aussi de «promesses» faites à ces femmes pour qu'elles osent témoigner à visage découvert. De fait, en cas de condamnation des présumés agresseurs, ces femmes auront droit à un titre de séjour et à un statut spécial sur le territoire espagnol. La loi espagnole punit sévèrement les violences de tous genres contre les femmes victimes d'agression. À présent, c'est la justice qui doit trancher dans cette rocambolesque affaire.

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