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Décryptages / Focus

Règles protectionnistes, surenchères sur les salaires, risques politiques, catastrophes naturelles, problèmes de gouvernance et de transparence.... Les obstacles surmontés par les assureurs marocains sont nombreux en Afrique où les opportunités de développement ne manquent pas.

Chapeau bas pour l’Association marocaine des actuaires. Elle a réussi une fois de plus à rassembler le gotha des assurances, lors de l’organisation en partenariat avec l’Association actuarielle internationale (AAI), le 5e Congrès actuariel africain qui s’est tenu la semaine dernière à Casablanca sous le thème : «Le développement financier en Afrique, expertise et intérêt public». L’évènement a été l’occasion pour certains assureurs marocains de partager leur expérience africaine.

Saham Assurance
La confiance dans le leadership africain
C’est en 2010 que l’aventure africaine de Saham assurance a commencé. «Moulay Hafid Elalamy, avait vu juste en décidant de se tourner vers le sud, car c’est là où l’avenir va se décider. Et c’est ainsi que Saham a acquis le groupe Colina», rappelle Emmanuel Brulé, DGA de Saham Finances. C’est à partir de cette date que la conquête du continent a commencé. «Notre implantation en Cote d’Ivoire, au moment où ce pays vivait une certaine instabilité n’a pas été bien comprise. Mais le mot d’ordre était de faire confiance à ce pays au leadership local et aux clients ivoiriens. Nous avons réussi ce challenge grâce à la qualité et les talents des équipes», raconte Brulé. Aujourd’hui le groupe est présent dans 26 pays africains où souvent la transparence fait défaut et crée des obstacles. Mais cela n’a pas dissuadé le management de l’entreprise qui a trouvé la recette pour réussir dans un environnement aussi compliqué que celui des assurances en Afrique. «Il fallait investir dans le temps, être présent et discuter avec les équipes dirigeantes», note Brulé. Pour ce dernier, en Afrique les opportunités de développement ne manquent pas, mais il faudra juste savoir quand et comment les saisir. «Il faudra aussi faire confiance au management local. La réussite se fait aussi par la mixité et la mobilité intra-pays que nous encourageons», explique le DGA de Saham Finances, précise Brulé. Cela dit, avec la cession du groupe de ses filiales assurance à Sanlam, premier groupe d’assurance en Afrique avec une capitalisation boursière de 16 milliards de dollars, la question qui se pose est de savoir si la stratégie notamment africaine de la compagnie d’assurance va se poursuivre ? «Cette stratégie ne changera pas. Aujourd’hui nous avons un vrai savoir faire notamment en matière d’assurance vie qui est apprécié par Sanlam. C’est ce qui fait que le management de Saham Finances reste en place. Nous comptons développer des synergies entre les deux grands pôles que sont le Maroc et l’Afrique du Sud», explique le DGA de Saham Finances. 

SCR
L’atout de la triple A de Fitch
Après l’abandon de l’obligation de cession légale la Société centrale de réassurance (SCR) a perdu le confort dans lequel elle a toujours évolué. Aujourd’hui le réassureur marocain qui réalise un chiffre d’affaires de 2 MMDH au Maroc et 466 MDH à l’international, est appelé à chercher d’autres marchés. «La SCR, qui est déjà présente en Afrique en Turquie et au Moyen-Orient, étudie des opportunités pour aller sur le marché asiatique», souligne Youssef Fassi Fihri. Bien entendu pour pouvoir diversifier ses marchés la SCR a mis en place un plan de transformation. «Ce plan, dont la réalisation a déjà commencé, prévoit que les 2/3 de son chiffre d’affaires proviennent de la réassurance à l’international. Ce qui nécessite des changements organisationnels pour être plus proches des marchés et étudier les opportunités des acquisitions», note Youssef Fassi Fihri. Et d’ajouter que «dans le cadre de ce plan de transformation, nous sommes en train de mettre en place un outil opérationnel pour répondre aux demandes quelles que soit leurs provenances et nous travaillions également sur la tarification pour être plus réactifs sur le marché». Le réassureur, qui est l’un des rares à obtenir le triple A de Fitch, vient d’avoir l’agrément qui lui permet de cibler les 15 pays de la zone CIMA. Pour le développement de la SCR au niveau de cette zone, ce dernier devra se faire en respectant certaines règles protectionnistes. Ainsi, par exemple, le bureau de la SCR en Côte d’Ivoire finira par prendre de l’ampleur et dans ce cas le réassureur marocain devra soit créer une entreprise de réassurance, soit procéder à l’acquisition d’une compagnie déjà existante. Mais ce développement ne peut se faire sans garder à l’esprit la complexité du marché de l’assurance africain due, entre autres, à la nature des risques. «Les risques émergents en Afrique les plus importants sont ceux agricoles, ceux relatifs aux catastrophes naturelles et ceux politiques. Pour ces derniers où il y a une forte demande notamment dans la zone CIMA où la souscription est très forte. Aussi, nous avons mis en place un département dédié à ce type de risques», souligne le DG de la SCR.    l

Wafa Assurance
L’option «Green field»
Ainsi dans sa stratégie d’ouverture sur le continent africain, Wafa Assurance à opté pour le «Green field» au lieu des acquisitions des structures déjà existantes. Ce développement a commencé il y a plus de 5 ans en Tunisie. «Cette filiale à réussi en l’espace de deux ans à devenir le leader du marché tunisien avec près de 15% de ce marché. D’autres ont vu le jour juste après dans la région CIMA, et aujourd’hui le groupe compte six filiales dans quatre pays», souligne Ali Harraj PDG de Wafa Assurance. Et d’ajouter : «Le choix du Green field, qui n’est nullement dans l’ADN du groupe, se justifie par le fait que le groupe a essayé en 2010 et 2011 des opérations d’acquisitions qui n’ont pas été concluantes. Aussi, pour ne pas perdre du temps, il a été décidé de privilégier la première option, mais sans exclure la seconde. Aujourd’hui nous sommes ouverts à toute possibilité d’extension de nos activités à travers des acquisitions». Si par le passé la stratégie africaine de Wafa Assurance s’est appuyée sur la présence du Groupe Attijari Wafa bank, aujourd’hui la compagnie marocaine n’exclut pas de tenter des marchés où le groupe n’est pas présent. «Actuellement, nous sommes en train d’étudier cette option, mais ce n’est pas encore prioritaire. Là, il faut garder à l’esprit que pour le développement de l’assurance Vie, il faut s’adosser sur un bon réseau bancaire sachant qu’en Afrique le taux de pénétration de cette branche est encore très faible», révèle Harraj. S’agissant de branche Non-vie, il faut rappeler que dans les marchés africains, il y a beaucoup d’acteurs qui opèrent, mais qui ne sont pas organisés. Il y a aussi les problèmes de gouvernances liés, entre autres, aux provisionnements. «Nous choisissons les marchés en fonction de leurs tailles, des réglementations, du contexte macroéconomique et politique...», précise le PDG de Wafa Assurance. Cela dit, l’implantation à l’étranger, notamment en Afrique, demande beaucoup d’efforts de la part des entreprises pour surmonter les difficultés. Pour les assureurs, la première difficulté se rapporte à l’obtention de l’agrément. Celle-ci peut prendre facilement un an si la compagnie a opté pour le Green field. Il faut aussi fournir des efforts pour le démarrage des activités. «L’autre défi se rapporte aux ressources humaines. Souvent, nous n’arrivons pas à garder les jeunes que nous formons à cause de la surenchère sur les salaires», note le PDG de Wafa Assurance. Sur le volet financier, l’installation dans la zone CIMA nécessite de lever des fonds assez conséquents, ce qui peut parfois bloquer les ambitions des assureurs. «Cela ne nous a pas posé de problèmes, car nous avons pensé à injecter suffisamment de fonds pour réussir l’extension de nos activités en Afrique. Cette opération se fait progressivement. Ainsi, nous avons prévu 3 milliards de francs CFA en 2019 et 5 milliards de franc CFA en 2021», précise Harraj. Cette exigence de relèvement du capital social a pour objectif d’assainir les marchés. Elle profitera, à termes, aux grandes entreprises structurées, et ce, au regard de la configuration des marchés de la zone CIMA, qui fait qu’il y a beaucoup de petits acteurs.

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