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Près de 50 visites officielles dans 25 pays africains, la grande offensive du roi Mohammed VI, pour le retour du Maroc dans l’Union africaine, a été couronnée de succès l’an dernier. Accueilli à bras ouverts dans sa famille institutionnelle, le royaume qui frappe à la porte de la CEDEAO veut s’imposer comme un hub économique potentiel en Afrique. Une vision qu’épouse déjà la République tchèque.  

«Il est beau, le jour où l’on rentre chez soi..». Ce petit bout de phrase extrait du discours historique prononcé par Mohammed VI au lendemain du retour du Maroc à l’Union africaine (UA), le 31 janvier 2017, résume le grand soulagement du royaume qui retrouve ainsi ses siens «après une trop longue absence». C’est l’aboutissement de plusieurs années d’une longue et laborieuse lutte faite de tractations et de lobbyings intenses auprès des chancelleries africaines qui ont fini par approuver la réintégration du Maroc à l’UA, non sans des intérêts. Pour ainsi dire, la réconciliation du Maroc avec sa famille institutionnelle sonne également comme une bonne nouvelle pour tous les États membres de l’organisation créée en 2002. En réalité, le Maroc n’a jamais été absent de la scène économique africaine. Au contraire, si le pays de l’Afrique du Nord a été tenu à l’écart, depuis son retrait de l’Organisation de l’unité africaine (devenue aujourd’hui Union africaine), avec le recul, le Maroc a su et pu convaincre de son utilité. De fait, comme le souligne la Banque africaine de développement dans un rapport publié, il y a plus de trois ans, les échanges commerciaux du Maroc avec l’Afrique, ont augmenté ces dernières années de 20%, soit une hausse de 1,5 milliard de dollars et se sont récemment accélérés avec une hausse des échanges avec l’Afrique subsaharienne qui a atteint 13% en 2014. De plus, depuis l’an 2000, le Maroc a conclu, dans différents domaines de coopération, près d’un millier d’accords avec les pays africains.

Un voisin utile
Dès lors, le pays qui destine plus de 80% de ses investissements directs étrangers à l’Afrique, devient pour de nombreux pays africains un voisin important avec qui il est bon de manger dans la même assiette d’autant plus que le partenaire commercial historique de l’Europe comme de l’Afrique veut se tailler une place de choix dans la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Mais la vision de Rabat qui veut désormais s’imposer comme un hub entre le Vieux continent et l’Afrique est beaucoup plus ambitieuse. «Le Maroc ne souhaite pas seulement se positionner comme un simple partenaire commercial et acteur économique sur le continent, mais cherche à s’afficher comme un hub économique potentiel», comme le confirme la BAD. Et, il faut le souligner, l’un des premiers bénéficiaires des concours de l’institution bancaire africaine et qui dispose déjà d’un hub économique et financier africain appelé Casablanca Finance City (CFC) semble avoir de quoi convaincre, même devant les plus sceptiques. Reconnue comme la première place financière en Afrique et partenaire des plus grands centres financiers internationaux, CFC a constitué une forte communauté de membres composée d’entreprises financières, de sièges régionaux de multinationales, de prestataires de services et de holdings. De plus, CFC, qui a récemment signé deux conventions avec la ville de Casablanca et l’Office des changes pour renforcer l’accompagnement «Doing Business», offre à ses membres une proposition de valeur attractive favorisant le déploiement de leurs activités en Afrique. L’opération de séduction a commencé à porter ses fruits, semble-t-il.

Des défis cependant
Charmé par le retour majestueux du Maroc à l’Union africaine et la coopération grandissante du royaume avec presque tous les pays africains, la République tchèque, jusqu’ici très peu présente en Afrique et qui veut désormais voir très grand sur le continent, a choisi le Maroc comme hub continental pour se positionner sur le marché africain. D’ailleurs, Rabat est devenue un lieu de prédilection pour discuter du futur du continent africain comme l’atteste la réunion annuelle des ambassadeurs tchèques en poste dans les pays d’Afrique subsaharienne, qui s’est tenue les 3 au 4 mars dans la capitale du royaume, sous la présidence du vice-ministre des Affaires étrangères, Martin Tlapa. La réunion a rassemblé autour d’une table 11 ambassadeurs tchèques résidents dans les capitales des dix pays africains (Abuja, Accra, Addis-Abeba, Alger, Le Caire, Dakar, Lusaka, Nairobi, Pretoria et Rabat), l’ambassadeur tchèque à Lisbonne, les directeurs et responsables du ministère des Affaires étrangères ainsi que de trois autres ministères et diplomates tchèques auprès de l’Union européenne ou en fonction et des chefs de délégations de l’UE en Afrique. Selon une note de l’ambassade de la Tchéquie à Rabat, cette réunion a permis d’actualiser les connaissances de chacun sur les pays africaines, d’aborder les problématiques régionales, les tendances économiques et sécuritaires, mais surtout harmoniser des relations bilatérales avec des grandes lignes de la politique étrangères tchèque et européenne. Cependant, tout n’est pas encore acquis pour le Maroc qui devra relever encore de nombreux défis notamment sur le plan commercial. Avec un taux de 20% du PIB, le coût de la logistique au Maroc est encore l'un des plus élevés au monde. Le royaume, selon la BAD, devra également revoir à la baisse ses barrières douanières. L'autre défi de taille et pour être plus compétitif, le Maroc devra aussi revoir son environnement des affaires peu propice à la circulation des biens des services et des personnes. 

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