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Les attributions techniques des académies régionales de l’éducation et de la formation prennent le pas sur leur rôle pédagogique. Leur marge de manœuvre est jugé aujourd’hui limitée par rapport aux défis de la réforme éducative. N’est-il pas temps de repenser le rôle de ces établissements ?

Des budgets conséquents sont octroyés aux académies régionales de l’éducation et de la formation (AREF) pour pouvoir répondre aux enjeux de l’enseignement au Maroc. Le ministère de tutelle qui est le département le plus budgétivore ne gère que 5 % de son budget d’investissement. La grande responsabilité incombe donc aux AREF pour combler les lacunes en infrastructures. La loi de finances de 2018 prévoit l’octroi à ces établissements publics d’un budget d’investissement de 5,605 MMDH dont 3,295 MMDH de crédits de paiement. La répartition des dotations budgétaires sur les AREF est décidée en fonction des besoins des régions, car les académies n’ont pas le même territoire ni le même nombre d’élèves et d’enseignants. En 2018, c’est la région de Tanger-Tétouan-El Hoceima qui arrive en tête des crédits alloués aux investissements avec 938 MDH.

N’est-il pas temps de repenser leur rôle dans le cadre de la réforme tant attendue en saisissant les nouvelles opportunités qu’offre la régionalisation avancée ? Aujourd’hui, les AREF semblent plus absorbées par le volet technique que le cœur du métier du secteur sans pour autant que les gestionnaires soit accompagnés et formés aux règles de la bonne gouvernance financière. Ce qui pourrait être à l’origine de quelques dysfonctionnements. Rappelons que la Cour des comptes a déjà épinglé les AREF sur les marchés portant sur l'acquisition de matériel didactique et des produits chimiques relevant un ensemble de lacunes entachant la gestion de ces académies. Une situation expliquée entre autres par le manque, voire l’absence, au niveau des académies régionales, de ressources humaines motivées et formées dans le domaine de la gestion de la commande publique. La majorité des cadres relève du corps enseignants et a intégré le cadre administratif sans formation préalable. Le ministère de tutelle est, ainsi, fortement appelé à mettre en place une politique de formation des hauts gestionnaires sur le plan régional pour éviter les déperditions à tous les niveaux. Par ailleurs, certaines voix plaident pour la révision du système actuel d’investissement en externalisant la mission de construction des établissements scolaires afin que les structures régionales chargées de l’éducation puissent assumer pleinement leur mission pédagogique. À cet égard, plusieurs pistes sont à explorer. À titre d’exemple, le conseil régional, via son agence d’exécution des projets, pourrait prendre le relais.

La révision des missions de l’académie s’impose dans le contexte actuel de la régionalisation. Les AREF doivent jouer un rôle beaucoup plus important sur le plan pédagogique. Elles doivent notamment se concentrer sur la promotion de la mission de l’enseignant, comme le recommande la banque mondiale. Cette institution internationale estime que la réforme de la gouvernance de l’école publique marocaine ne pourra faire l’économie d’une révision du statut des enseignants. Dans le cadre du nouveau statut de l’AREF, « l’évaluation des enseignants devrait être effective et transparente et conditionner la progression de carrière de l’enseignant». À ce titre, la banque mondiale plaide pour la mise en place de mécanismes d’encouragement à l’innovation et à la performance.

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