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Décryptages / Focus

Le débat fait rage autour de l’utilisation du glyphosate, jugé par certaines études comme un herbicide cancérigène. Le Maroc continue à homologuer ce produit vital pour certaines cultures comme la fève.

Pas de changement concernant l’utilisation de l’herbicide «glyphosate» en vue au Maroc. L’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) maintient l’utilisation de cette substance active pour le traitement d’une quarantaine de produits d’arboriculture. Un statu quo qui s’aligne avec la pratique mondiale conforté par les dernières décisions de l’Union européenne malgré quelques voix dissidentes au sein de l’intégration régionale. Et pour cause, le débat fait rage concernant le caractère cancérigène, ou pas, de cette substance. À coup d’études et de contre-études, les pro et les anti-glyphosate se livrent à une guerre scientifique sans relâche. Après deux ans de polémique, un «comité d’appel» représentant les pays membres de l’Union a décidé, à la majorité qualifiée de renouveler pour une durée de 5 ans l’autorisation d’utiliser cet herbicide controversé.

Controverse
Ils se basent notamment sur une étude rendue en mars dernier par L'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) portant sur la classification de cette substance herbicide, dont le représentant le plus connu est le Roundup de l'américain Monsanto. Les scientifiques européens ont conclu que le produit ne peut être classé comme cancérogène. Pourtant, quelques mois plus tôt, c’était le Centre international de recherches contre le cancer (CIRC), une branche de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui avait évalué le risque cancérogène du glyphosate comme «probable». Un avis qui est loin de faire l'unanimité. «Un débat qui est bien plus politique qu’il n’en est technique», estime Mohamed Akchati, chef de division des intrants chimiques au sein de l’ONSSA. «Nous suivons avec beaucoup d’intérêt cette question. Les différentes études qui ont été menées démontrent que la substance n’est pas cancérogène. Pour l’instant, l’Union européenne maintient son utilisation jusqu’en 2022, le Canada a également prolongé de 10 ans l’utilisation de glyphosate et les USA ont homologué également le produit», précise Akchati.

Pas d'alternative
Selon les chiffres communiqués par l’ONSSA, les herbicides représentent 10 à 15% des importations de pesticides à usage agricole après les insecticides et les fongicides. «L’utilisation en tant qu’herbicide est assez importante. Pas moins de 45 produits agricoles ont recours au glyphosate», explique Ahmed Bentouhami, directeur général de l’ONSSA. Cet herbicide total est surtout utilisé dans l’arboriculture fruitière. Selon la base de données de la commission des pesticides à usage agricole, le produit est homologué pour les cultures d’oliviers, d’agrumes, de pommiers, de vignes et de fève. «Son utilisation est surtout importante pour le traitement de l’orobanche crenata, une plante herbacée parasite qui peut causer beaucoup de dégâts pour certaines cultures, notamment la fève», explique Akchati. Selon l’ONSSA, il n’existe pas d’alternative à l’utilisation du glyphosate pour le moment. «C’est le seul herbicide total qui traite les mauvaises herbes de façon systématique et qui constitue un traitement efficace pour contrer l’orobanche crenata», explique l’expert de l’office. En attendant, l’ONSSA continuera à homologuer le produit et à procéder aux évaluations nécessaires. «En cas de problème avéré, nous n’hésiterons pas à retirer le produit», explique le chef de division des intrants chimiques. 

Credit Agricole Fellah Trade 201/ 2019

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