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Décryptages / Focus

Plus d'écoute quant aux exigences d'un développement que l'on veut inclusif avec des taux d'intégration élevés pour les entreprises françaises au Maroc comme ailleurs sur le continent. La quasi-virginité politique du jeune président (39 ans) ouvre la voie à des perspectives de partenariats marquées par le pragmatisme et le respect mutuel.

C’est un discours humble qu'Emmanuel Macron a prononcé à son SG de campagne au 15e arrondissement après sa victoire écrasante face à Marine Le Pen. Avec un score de 66,1% des suffrages contre 33,90% pour sa rivale, selon les résultats définitifs du ministère de l'Intérieur, il avait pourtant de quoi fanfaronner, mais le jeune nouveau président de la France n'a pas cédé à l'euphorie du premier tour. Bien au contraire, ses mots minutieusement choisis et le ton grave de sa voix laissaient entrevoir un Macron responsable qui sait montrer respect à tous les Français qu'ils aient voté pour lui ou pas. Succinct, son discours n'en comprenait pas moins des messages forts pour conforter ceux qui ont fait le choix de lui faire confiance. Un discours anti-lepéniste de bout en bout, à commencer par l'engagement qu'il a exprimé à renforcer les liens de l'UE et avec les peuples qui la forment. Cette volonté unioniste donne en effet du punch à une Europe qui n'a pas encore oublié le choix du brexit et les menaces subreptices d'un franxit, qui finalement n'aura pas lieu.

Pour le Maroc, Macron est une aubaine sur la voie du rapprochement et de la consolidation des relations économiques et commerciales entre les deux pays. Sa jeunesse et son cartésianisme économique qu'il a bien montré lorsqu'il a été ministre de l'Économie et des finances, font de lui un partenaire pour l'avenir. Au-delà même des contingences du mandat présidentiel comme d'ailleurs cela a été bien montré avec François Hollande lors de la visite du souverain au timing excellent. Avec cet Enard et fiscaliste ayant servi dans la cour des grands, tout au long de sa fulgurante ascension, le Maroc peut compter sur l'expert économique qu'est Macron. En effet, le royaume se prépare à appliquer un taux de change flexible et la France en tant que premier partenaire est la mieux placée pour jouer le rôle de premier amortisseur, mais il y a aussi plusieurs autres sujets qui méritent d'être remis sur la table du leader d'«En Marche» au plus vite.

Le Maroc doit se positionner avec les arguments qu'il faut. Des arguments qui doivent être adaptés à la nouvelle réalité politique française marqué par un président issu d'un mouvement ni de droite ni de gauche. La réthorique politique et les bonnes intentions ne constitueront peut-être pas la bonne démarche à suivre avec ce jeune millionnaire qui occupe désormais le Palais de l'Elysée et qui n'est pas un politicien de carrière. Tout est donc à construire sur des bases pas forcément nouvelles, mais plus solides, sans maquillage et avec le pragmatisme qu'implique le contexte. La diplomatie marocaine est aussi appelée à se positionner pour mettre en avant les derniers rebondissements de la première cause nationale. Le dernier rapport de l'ONU sur la question, qui conforte le royaume dans sa retenue et sa bonne gestion de la crise de Guergarat, est un document à faire valoir dans cette perspective. Vis-à-vis de l'Afrique où le Maroc a des intérêts et des partenariats prometteurs, il faut s'attendre à un Macron entreprenant.

Toutefois, il va falloir s'adapter aux nouvelles ambitions affichées par les dirigeants du continent qui cherchent désormais un partenariat basé sur le co-développement. Fini le temps où la France ou n'importe quel autre pays européen chercherait des parts de marché pour ses entreprises sans réaliser un pourcentage de taux d'intégration. Le plus jeune des présidents de France comprend parfaitement cet impératif pour un continent tout aussi jeune de créer le maximum d'emplois pour aboutir à une économie inclusive.

Dans son discours à son QG de campagne, Macron n'a pas oublié cette composante basée sur le partenariat et le respect tout en insistant sur l'engagement de la France pour le maintien de la paix, la lutte contre le terrorisme et l'insécurité là où cela s'impose. 


Un taux d’abstention record

Les chiffres de ce deuxième tour sont riches en enseignement car, quand bien même Emmanuel Macron triomphe avec 66,1% des votes exprimés avec un taux de 25,44% d'abstention puis les bulletins blancs et nuls qui représentent 8,6% des inscrits, le candidat d'En Marche n'aura tiré son épingle du jeu qu'avec 43,6% des électeurs inscrits. Il en ressort, pour ainsi dire, que le deuxième parti de France n'est autre que celui des abstentionnistes combinés aux votes blancs et votes nuls totalisant 34% des électeurs inscrits. Quant à Marine Le Pen, elle a eu les voix de 22% des inscrits, mais le Front national grignote de plus en plus de place sur le landerneau politique hexagonal. Avec 10.643.937 voix au 2e tour de l'élection présidentielle de dimanche dernier, le FN aura gagné 3 millions de voix de plus qu'au premier tour, 4 millions de voix de plus qu'au premier tour de l'élection présidentielle de 2012 et deux fois le nombre de voix qu'avait Jean Marie Le Pen au second tour de l'élection présidentielle de 2002.

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