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Mohamed Endichi, directeur de la lutte contre la désertification et de la protection de la nature au HCEFLCD

Mohamed Endichi fait la lumière sur l’arsenal juridique national en matière de protection du chardonneret et des espèces protégées. Il explique les raisons pour lesquelles le HCEFLCD n’a pas fait suite aux demandes individuelles des membres des associations, comme cela est prévu par la procédure de régulation de la chasse et de la possession du chardonneret.

Les Inspirations ÉCO  : Tout d’abord, un mot sur ce petit oiseau ...
Mohamed Endichi : Le chardonneret est une espèce qui colonise le territoire national à des degrés variables, notamment dans les zones qui répondent à certaines conditions favorables à son épanouissement. Le chardonneret est un vocable donné à environ seize espèces différentes. Le chardonneret élégant est le plus prisé par les amateurs grâce à son apparence et à son chant et c’est ce qui fait le malheur de toutes ces espèces qui entrent dans la famille des passereaux.

Quelle est l’origine du trafic dont le chardonneret est victime ?
Au début, les amateurs de ce passereau se comptaient sur le bout des doigts et passaient inaperçus. Le nombre de chardonnerets était très élevé au Maroc mais ce loisir a pris de l’ampleur et l’espèce est devenue menacée. En Algérie, cet oiseau a été complètement éradiqué mais la demande sur le chardonneret est restée intacte. C’est ce qui explique que ce trafic a pris la direction du pays voisin. Comme toute activité illégale, ce trafic s’est développé dans l’illégalité et la clandestinité et puisque les frontières de l’est sont poreuses, ce trafic sévit.

Quelles sont les mesures prises par le HCEFLCD pour protéger cette espèce ?
Le chardonneret est menacé mais on n'en est pas encore au stade de dire qu’il est en voie de disparition. Il est vrai aussi que de grandes quantités d’oiseaux sont acheminées illégalement vers l’Algérie et cela nous inquiète. Après avoir constaté ce phénomène, suite à la réception de rapports de la part de nos unités et grâce aux associations, nous avons promulgué la CITES (Convention on International Trade of Endangered Species). En 2011, le Maroc a ratifié cette convention qui reconnaît, dans son annexe une, les outils juridiques que notre pays a mis en place pour faire face au commerce illégal dont sont victimes les espèces animales et végétales. Cet arsenal juridique est donc reconnu adéquat par la CITES. Au niveau national, le Maroc s’est doté en 2015 d’une loi CITES nationale qui comprend de surcroît une liste d’espèces nationales, dans laquelle nous avons intégré le chardonneret. La loi nationale CITES sanctionne les contrevenants par des amendes qui varient entre 5.000 et 20.000 DH.

Quid de la chasse ?
Chaque année, un arrêté fixe une liste qui détermine les espèces interdites à la chasse, dans laquelle figure le chardonneret. Toutes les dispositions citées sont préventives, à plusieurs niveaux.

Mais ces textes mettent les amateurs de cet oiseau et les contrebandiers dans le même sac…
Il a fallu, dans un premier temps, interdire la chasse car le nombre des amateurs a augmenté et la chasse est devenue intempestive. En ce qui concerne les autorisations prévues par la procédure de régulation de la chasse et de la possession du chardonneret, il nous est impossible de délivrer des autorisations individuelles. Il s’agit d’un très grand nombre de membres que nous ne pouvons prendre en charge. Par ailleurs, nous prenons en compte la prise de conscience générale et les efforts des associations pour organiser cette activité bien qu’elles ne se soient pas mises d’accord sur une seule procédure.

Est-ce que cela pose un problème ?
Les représentants ne sont pas unanimes et ne forment pas un cadre unique avec lequel nous pouvons composer. Ajouté au grand nombre des membres des associations, c’est ce qui justifie l’impossibilité d’octroyer les autorisations individuelles demandées.

Est-ce que la lutte contre ce trafic dépasse les prérogatives du HCEFLCD ?
La prise de conscience générale de ce trafic a entraîné une réaction régalienne. Quand l’action du Haut-commissariat n’est pas suffisante, les autorités interviennent dans un cadre beaucoup plus global. Et cela a donné des résultats. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit tout de même d’un commerce illégal. Il faut aussi souligner le rôle extraordinaire des associations qui font un travail exceptionnel dans l’encadrement des membres et la protection de l’espèce.

Mais aucune autre partie que les autorités ne peut arrêter ce trafic ?
C’est la responsabilité de toutes les parties prenantes. Seule une action collective est capable de mettre un terme à ce trafic. Si nous arrivons à conjuguer l’action régalienne et la prise de conscience des amateurs, le résultat serait positif. Il y a eu des cas où cela s’est réalisé et ça a mené à une coordination entre les associations et les autorités.

La Ligue de l’Oriental a fait des comptages dont le résultat est alarmant. Qu’en pensez-vous ?
La technique relative de comptage utilisée pose problème car nous manquons d’informations précises sur la situation de départ (S zéro). En outre, le tempérament du chardonneret et ses mouvements rendent le comptage difficile. Cela dit, je les félicite pour ces efforts qui permettent une assise, laquelle pourrait être exploitée dans le futur. 

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