A lire aussi

15-08-2017 12:54

Saham Assurance: Moulay Hafid Elalamy cède la totalité de ses actions

L’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) a, récemment, annoncé que Moulay Hafid Elalamy a…
Rejoignez nous sur :
Décryptages / Focus

Le trafic suit un itinéraire rodé. Il commence à Taroudant et traverse des grandes villes telles que Casablanca, Rabat, Fès et Taza. À la frontière, le prix d’un seul chardonneret peut atteindre 500 DH. Les frais du transport des chardonnerets, quant à eux, dépassent 7.000 DH.

Abdelhak Zahouily, avocat et président de la Fédération marocaine d’ornithologie (FMO), regroupant une cinquantaine d’associations, nous dresse une image très précise de ce commerce illégal. Selon lui, l’itinéraire qu’emprunte le trafic dont est victime le chardonneret commence, au Sud, dans les environs de Taroudant. De là, il transite par plusieurs villes, qui constituent individuellement de grands centres alimentant ce trafic en direction de l’Algérie. «En plus de Taroudant, les villes de Casablanca, Rabat-Salé, Fès et Taza sont des étapes charnières dans ce trafic. Si à Fès, les malfaiteurs rassemblent les chardonnerets dans de grands hangars afin de trier les mâles des femelles et les classer selon les différents prix, Taza est l’endroit où un autre réseau entre en jeu. Il s’agit de bandes spécialisées qui transportent «la marchandise» de l’autre côté des frontières», précise-t-il. Entre ces villes, les prix vont crescendo, tenant compte des frais du transport et la distance parcourue. Au bout du compte, les contrebandiers amassent un argent fou car le prix du chardonneret peut aller jusqu’à 500 DH à la frontière. «Si le chasseur ne vend le chardonneret au premier grossiste qu’à 50 DH, le deuxième grossiste le cède à 100 DH, etc. Le prix final est beaucoup plus élevé que cela», nous explique-t-il.

Un trafic global
Selon Zahouily, il existe un autre circuit qui gravite autour de Casablanca. «Quand les caisses de chardonnerets sont acheminées vers la capitale économique chez des contrebandiers, elles sont transportées vers Oujda, parfois avec la collaboration de certaines compagnies d’autocars», affirme-t-il. À en croire l’avocat, le transport des chardonnerets entre ces deux villes coûte jusqu’à 7.000 DH aux contrebandiers. En ce qui concerne Rabat, Salé, Fès et Meknès, ces villes sont aussi considérées comme des centres vers lesquels sont acheminés un grand nombre de chardonnerets, achetés chez les chasseurs des alentours. Si les transporteurs ne sont pas interpellés par les autorités, le chardonneret entame, au-delà des frontières, une autre aventure, d’autres péripéties.

Des réseaux organisés
Pour Zahouily, le phénomène s’est aggravé à cause du laxisme des autorités. «Les contrebandiers sont parfois pris puis relâchés. Comment cela se fait-il? Les chardonnerets sont également capturés dans les environs des villes, zones qui sont sous le contrôle du haut commissariat. C’est donc la responsabilité du HCEFLCD que de protéger cet oiseau. En ce qui nous concerne, nous faisons tout notre possible afin de stopper l’hémorragie; nous sommes donc un partenaire actif dans le processus de protection», a-t-il déclaré. En face, les contrebandiers disposent de moyens financiers énormes et font passer jusqu’à mille oiseaux adultes par jour. De plus, si le trafic dure tout l’année, il n’épargne pas la période d’accouplement, ce qui aggrave la situation.

Pour cause, les grandes quantités des chardonnerets adultes qui périssent en direction d’Oujda ne permettent pas à cette espèce de se régénérer. Elles sont malheureusement incinérées par les autorités, tandis que les survivants sont relâchés, généralement en présence de représentants de la société civile. Dans toutes les villes par lesquelles ce trafic transite, les contrebandiers ont besoin de grands locaux pour organiser leur sale besogne. «Il est évident que nous nous posions la question sur la vigilance des autorités», martèle Zahouily qui évoque le droit pénal selon lequel chaque partie qui subit les effets néfastes d’un acte peut se constituer en partie civile. «Cela fait partie de nos objectifs: défendre le chardonneret légalement. Les conditions préalables exigent que l’association soit reconnue d’utilité publique et avoir deux ans d’expérience», conclut-il. À ce propos, la FMO est en règle.


Procédure de régulation de la chasse et de la possession du chardonneret

La procédure de réglementation de la possession et de la capture du chardonneret reconnaît d’emblée le phénomène de vente illégale du chardonneret et la contrebande dont celui-ci est victime. C’est pour cela que cet oiseau figure sur la liste des animaux protégés. Conformément à ce nouveau code, seuls les membres des associations peuvent prétendre à une autorisation de chasse et une autorisation de possession, à condition de soumettre des preuves du sort réservé aux chardonnerets en leur possession et, au moins, deux certifications de participation à des concours de chant. La procédure fixe en outre le nombre maximal de chardonnerets qu’un membre peut capturer à 40, et à 30 le nombre d’oiseaux à garder. Ces derniers doivent être consignés dans un cahier et doté d’une bague pour les identifier. En ce qui concerne l’opération de chasse, il est demandé de relâcher les autres espèces capturées et ne pas dépasser le nombre autorisé. Enfin, la chasse n’est permise que le dimanche, à condition de ne pas dépasser dix chardonnerets par jour et de n’utiliser que le filet comme moyen de chasse.

Dernière Minute

Nos derniers Tweets...

Suivez-nous sur Facebook

 

Vidéos des ÉCO

Vidéos des ÉCO

0
Partages
0
Partages