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Le Maroc persiste dans un classement très bas en matière d’indice de perception de la corruption, or la RSE s’intéresse en premier lieu à la dimension économique. Il est donc nécessaire d’améliorer les pratiques des affaires et de renforcer les dispositifs de coercition dans ce sens. Quelques pistes d’amélioration de la gouvernance de la RSE recueillies d’une thèse de doctorat.

Le Maroc peut mieux faire pour améliorer la gouvernance de la RSE (Responsabilité sociale des entreprises) ! C’est le message qu’a cherché à passer Omar Benaïcha, directeur du Bureau Veritas Maroc, dans sa thèse de doctorat qu’il a présentée dernièrement devant le jury de l’ISCAE (Institut supérieur de commerce et d’administration des entreprises). Benaïcha a traité son sujet sur «La diffusion de la RSE dans les entreprises au Maroc: proposition d’un modèle explicatif», drapé de son costume de certificateur qu’il arbore depuis une quinzaine d’années. C’est à dire à travers un diagnostic froid, en profondeur et sans état d’âme avec des pistes d’amélioration. Heureusement ! Dans son exercice, l’auteur n’a épargné personne ! Même la CGEM (Confédération générale des entreprises du Maroc), qui est l’acteur le plus connu sur ce registre dans le royaume, notamment au niveau des stratégies en réseau et des associations professionnelles, a été épinglée. Si l’auteur trouve en effet que l’exemple du label de la CGEM est un cas intéressant qu’il faut encourager, il n’en pense pas moins que ce «label» mérite quelques réglages. «Sa démarche doit être revue et assouplie pour encourager plus d’adhérents à l’adopter.

Le traitement actuel, au même niveau d’exigence, des entreprises quelles que soient leurs tailles est un frein psychologique à l’adoption de ce label. Plus de 11.000 entreprises sont potentiellement «labellisables» mais seulement 80 le sont aujourd’hui» a-t-il constaté. Avant d’ajouter que, selon lui, deux mesures phares peuvent contribuer à accroître la crédibilité de ce label. La première consiste à activer un dispositif institutionnel qui permettra de reconnaître les entreprises engagées en matière de RSE tout en leur procurant un avantage comparatif. Tandis qu’à travers la seconde, il s’agit de choisir un organisme labellisateur indépendant, en lieu et place de la CGEM supposée être le syndicat professionnel des entreprises, ce qui garantirait l’impartialité requise au label.

Au niveau des stratégies individuelles des entreprises, l’auteur suggère plusieurs pistes de sensibilisation et de diffusion de la RSE. Il parle notamment de renforcer la sensibilisation des managers sur l’intérêt des démarches RSE par le biais de la formation continue ; de mettre à disposition des PME des moyens de financement pour lever les freins organisationnels à la diffusion de la RSE à travers les programmes d’appui aux entreprises ou encore de demander aux grands donneurs d’ordre publics et privés d’intégrer une dimension RSE dans leurs stratégies d’approvisionnement, ce qui permettra d’en faire la promotion auprès de leurs fournisseurs et sous-traitants.

L’auteur pense même que les modèles de clusters développés dans le cadre de la stratégie d’accélération industrielle doivent accueillir des volets relatifs à la RSE. Il va plus loin en demandant à l’État d’utiliser la RSE comme un des leviers de pilotage de ce type d’organisation industrielle. S’agissant des mécanismes de contrôle et de régulation de la RSE, l’étude de Benaïcha montre que les mécanismes du marché, à savoir la concurrence, la régulation et l’autorégulation sectorielle, sont les plus efficaces dans la transmission des effets institutionnels de diffusion de la RSE.

Toutefois, il convient de faire intervenir l’État qui, grâce à sa capacité d’influence, de régulation et d’arbitrage, peut facilement les renforcer. Selon l’auteur, «le Maroc persiste dans un classement très bas en matière d’indice de perception de la corruption, or la RSE s’intéresse en premier lieu à la dimension économique. Il est donc nécessaire d’améliorer les pratiques des affaires et de renforcer les dispositifs de coercition dans ce sens». En matière de régulation, «le rôle de contrôle de l’État doit être renforcé dans les secteurs déjà libéralisés et qui sont dotés d’instances de régulation, en veillant à assurer une transparence optimale. Pour les autres secteurs qui viennent d’être libéralisés (hydrocarbures) ou ceux qui ne le sont pas encore (sucre, farine,..), l’État doit revoir les dispositifs existants et accompagner très en amont la mise en œuvre de la libéralisation», indique l’étude.


Le rôle attendu de l’État

Après avoir constitutionalisé le développement durable, dans la Constitution de 2011, l’enjeu aujourd’hui pour le Maroc est de passer à un stade plus avancé en adoptant des livres blancs, des stratégies d’encouragement et des plans d’action RSE. Dans ce cadre, l’État doit mettre en œuvre un mélange d’actions et un mix de moyens visant un équilibre entre l’engagement volontaire des entreprises et les mesures obligatoires. En plus du travail d’intégration des principes de la RSE dans plusieurs textes, il peut notamment s’inspirer des démarches européennes en adoptant des leviers de diffusion de la RSE. Il pourrait nommer un ambassadeur de la RSE et/ou désigner une entité publique pour coordonner la RSE et créer des instances de dialogue multipartites. Enfin, il serait aussi judicieux d’inscrire la RSE dans les lois relatives aux différentes déclarations et au reporting, à l’investissement socialement responsable, à la gestion de certains secteurs industriels ou à la gestion des gaz à effet de serre par exemple.

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