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Discours royal, consultations du chef de gouvernement, décisions de la coalition gouvernementale, tout indique que le Projet de Loi de finances (PLF) de 2019 aura une connotation politique. L’économique sera-t-il sauvé par le politique ? Éléments de réponses.

L’information est de taille et pourtant elle est passée inaperçue : Le 21 juillet dernier, le Maroc venait de clore une relation de six ans avec le Fonds monétaire international (FMI). Une relation contractuelle marquée par le recours du royaume à une Ligne de précaution et de liquidité (LPL) durant cette période. Une assurance-risque jamais utilisée par les finances publiques et dont le bilan reste à établir. Ces six ans d’ajustement ont été marqués par des réformes économiques et sociales donnant la priorité à la préservation des équilibres macro-économiques. Résultat : Une croissance ne dépassant pas le palier de 3% et un déficit budgétaire contenu au même chiffre. Après la fin de cette phase, l’économie marocaine se libérera-t-elle des contraintes de la technostructure pour doper l’investissement public économique et social ? La réponse à cette question, on peut la trouver dans les orientations du dernier discours royal : «L’ampleur du déficit social et les modalités de réalisation de la justice sociale et territoriale sont parmi les principales raisons qui Nous ont incité à appeler, dans le Discours d’ouverture du Parlement, au renouvellement du modèle de développement national». Et d’ajouter : «Nous incitons à adopter un ensemble de mesures sociales intermédiaires, en cohérence avec l’esprit de la Restructuration que Nous appelons de nos vœux». Ces «mesures d’urgence» couvrent les domaines suivants : les programmes d’appui à la scolarisation, le lancement de la 3e phase de l’INDH, le redressement du RAMED et du système national de santé et faire aboutir le dialogue social.

Ces mesures nécessiteront un investissement substantiel de la part du gouvernement que devrait traduire le PLF 2019. En plus de l’investissement social, le souverain appelle à «un bond qualitatif dans les domaines de l’investissement et de l’appui au secteur productif national». Sur ce registre, il a appelé à mener deux chantiers : le premier chantier consiste à faire adopter la Charte de déconcentration administrative avant la fin du mois d’octobre. Le deuxième chantier concerne l’adoption de la nouvelle Charte de l’investissement et l'activation de la réforme des Centres régionaux d’investissement. Ces réformes d’ordre réglementaire ne devraient pas peser sur le budget général de l’État mais nécessiteront la mobilisation des administrations concernées. Avec un cahier des charges aussi volumineux aux deadlines serrés, le chef de gouvernement n’aura pas le temps de souffler durant ce mois d’août. Saâdeddine El Othmani, enchaîne d’ailleurs les réunions pour préparer sa note de cadrage du PLF 2019. Le 3 août dernier, il s’est réuni avec dix économistes pour recueillir leurs propositions à ce sujet. «La réunion a duré près de quatre heures et a porté sur deux axes», confie une source ayant assisté à cette réunion, citée par le site d’infos d’EcoActu. Le premier est le PLF et le deuxième la réflexion sur le nouveau modèle de développement. Selon cette même source, «les économistes se sont penchés sur les mesures pouvant favoriser l’investissement, qui n’arrivent pas à décoller», ajoute-t-il. Sur le contenu du PLF, El Othamni souhaite «donner plus d’importance à la stratégie de développement durable en mettant l’accent sur l’exemplarité de l’État, idem pour le volet social, notamment des mesures en faveur du pouvoir d’achat des citoyens et le dialogue social», déclare-t-il au quotidien L’Économiste. Ces propositions à caractère social permettront au gouvernement de palier la faiblesse de ce type de mesures dans la LF 2018. Des engagements qui sont l’écho d’un travail politique au sein de la coalition gouvernementale.

Les six partis composant le gouvernement ont convenu lors de la réunion du 18 juillet dernier dédiée à l’élaboration du PLF 2019 de leurs priorités : «L'enseignement, la santé, l'emploi, le dialogue social, la poursuite des grandes réformes et des stratégies sectorielles». Les parties politiques mettent ainsi leur touche dans ces dossiers économiques. Les chantiers sociaux annoncés par le roi, les volontés du chef du gouvernement et de sa coalition devront faire face à un contexte économique en 2019 marqué par plusieurs contraintes. Mohamed Boussaïd, l’ex-ministre des Finances, dans son dernier exposé au sujet du contexte de l'élaboration du PLF 2019 avait souligné «des contraintes et défis liés notamment à la montée des tendances protectionnistes au niveau de l'économie mondiale et à la hausse des cours du pétrole». L’ex-argentier du royaume continue : «Ces contraintes se rapportent aussi aux attentes du milieu économique national à la lumière des défis relatifs à l'investissement privé et aux recettes fiscales ainsi qu'aux attentes des citoyens qui espèrent une amélioration de la qualité des services et une augmentation du pouvoir d'achat». Abdelkader Amara, son remplaçant par intérim hérite de ces contraintes et de cette complexité…


Le PLF 2019 sera «prêt dans les temps».

Avec ou sans Boussaïd, la préparation du PLF 2019 et ses documents avancent comme prévu. «Nous avons l’obligation de la continuité de l’administration et du service public. Notre rapport sera prêt dans les temps», rassure un cadre du ministère des Finances. D’autant plus qu’en 2019, la Loi organique des finances entre en application dans sa phase décisive (Cf : Les ÉCO du 29 juillet 2018). À partir du prochain exercice budgétaire, ce sont les mesures relatives à 2019 et la programmation pluriannuelle qui entreront en vigueur avec la présentation des perspectives des trois prochaines années des finances publiques.

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