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Repenser le modèle de développement économique sera au cœur des débats durant les prochains mois. Mohamed Boussaïd, ministre de l’Économie et des finances, ouvre le bal.

C’est une première ! Le ministère de l’Économie et des finances (MEF) reconnaît «les limites» du modèle économique marocain. Ce département rejoint ainsi le diagnostic émis par de nombreuses institutions nationales (HCP, BAM, etc.) et internationales (Banque mondiale) déjà depuis plusieurs années. «Les limites du modèle de croissance de l’économie marocaine» a été d’ailleurs le titre de l’intervention de Mohamed Boussaïd, ministre de l’Économie et des finances, lors de la conférence débat organisée par le Mouvement Damir, tenue le 27 octobre à Casablanca. «La teneur du discours royal en ouverture de la session parlementaire m’a permis de changer le titre de cette intervention pour évoquer les limites de notre modèle», reconnaît le patron du MEF. Dans sa présentation, le ministre lance déjà des pistes de réflexion autour de ce nouveau modèle de développement. Prudent, M.Boussaïd tiendra tout de  même à préciser que les contours de cette démarche : «La réflexion va bientôt démarrer. Il ne s’agira pas d’une réflexion académique car le diagnostic est bien connu. Ce processus impliquera l’ensemble des forces vives de la Nation, comme l'a demandé Sa Majesté. De ce débat, des points de vue différents antagonistes peuvent resurgir, mais l’important est de ressortir avec des pistes pour retrouver notre chemin de croissance».

Cinq limites et trois leviers
Les limites du modèle économique marocain sont au nombre de cinq, selon Boussaïd. Nous les énumérons ici : «Une croissance a faible contenu en emplois, des inégalités de genre au travail, une offre exportable marocaine pas assez compétitive, un grand déficit en capital humain, une gouvernance économique et sociale peu performante». «Ces tares» comme les qualifie le ministre de l'Économie et des finances bloquent le chemin vers l’émergence. La première limite concerne la déconnexion entre croissance du PIB et création d’emplois. La période 2000-2007 a permis la création de 320.000 emplois, durant une phase de croissance moyenne de 4,2%. La période 2010-2016 a été pauvre en termes de création d’emplois (26.000 emplois), pourtant la croissance moyenne du PIB s’est maintenue à 3,2%. Ce fait amène Boussaïd à la conclusion suivante: «L’emploi ne suit pas les évolutions de la croissance». Ce qui complique encore la situation du marché de l’emploi, le niveau élevé du chômage des jeunes (15-24 ans) situés à 22,5% et des diplômés du supérieur en milieu urbain (21,1%). Deuxième limite, les inégalités de genre au travail qui se creusent depuis une décennie. «Le taux d’emploi moyen entre 1999 et 2014 était de 68,7% pour les hommes contre 23,7% chez les femmes», constate le ministre. De facto, la parité homme/femme sur le marché est inexistante : 4 actifs en milieu urbain pour une femme. À cela s’ajoute la forte présence des femmes dans les secteurs à faible productivité, spécialement le secteur agricole. Troisième limite, l’offre exportable marocaine n’est pas assez compétitive. «Le Maroc est déficitaire dans l’ensemble des ALE», rappelle Boussaïd. Le Maroc enregistre un déficit avec son principal partenaire économique l’Union européenne ainsi que les États-Unis, la Turquie et les pays membres de l’Accord d’Agadir (Égypte, Jordanie, etc.).

Les débats ouverts
Le Maroc souffre aussi «d’un grand déficit en capital humain», regrette Boussaïd. Cette quatrième limite est véritablement «un handicap au développement économique et social», ajoute-t-il. Pour illustrer son propos, le ministre cite le classement TIMSS du Maroc. La performance des élèves du primaire en mathématiques est d’une moyenne de 377 points en 2015. Les élèves du primaire restent loin de la moyenne internationale (500) ou régionale. «Nous sommes mauvais en mathématiques», signale Boussaïd. À cela s’ajoute la difficulté à garder les élèves dans les écoles. La moyenne des années de scolarisation au Maroc est de 5,64 années, ce qui classe le pays dans une mauvaise posture internationale. Le Maroc est classé 136e sur 175 pays pour ce qui concerne l’indice de la moyenne des années de scolarité. Cinquième et dernière limite du développement, la corruption endémique que connaît le pays. Le Maroc continue d’être mal classé dans l’Indice de la perception de la corruption réalisé par Transparency International. Le royaume obtient une note de 3,7/100, ce qui ne lui permet pas de dépasser le palier du 90e rang sur 176 pays dans le monde. Pour Boussaïd, ces limites peuvent être dépassées en s’appuyant sur trois leviers et neuf thèmes de travail (voir schéma). Ces axes de réflexion se focalisent sur des facteurs non économiques touchant le développement humain et la gouvernance. In fine, ce prochain modèle aura pour mission «d’améliorer le processus de production des richesses, tout en trouvant les bons leviers pour que la croissance profite à l’ensemble des Marocains». Avec cette proposition du ministre de l'Économie et des finances, les débats sont déclarés ouverts pour réfléchir à ce fameux modèle de développement économique…

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