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Le Collège syndical des médecins généralistes vient de rejoindre le front à l’origine de la grève du 30 mars, composé du Collège syndical des médecins spécialistes et de l’Association des cliniques privées. Une assemblée générale commune et décisive s’est tenue dans la soirée de jeudi 12 octobre.

El Houssaine Louardi, le ministre de la Santé va avoir du pain sur la planche pour apaiser la contestation qui s’élargit au sein des professionnels de la médecine libérale. Le Collège syndical national des médecins spécialistes privés (CSNMSP) et l’Association nationale des cliniques privées (ANCP), tous deux à l’origine de la grève du 30 mars dernier, montent à nouveau au créneau, épaulés cette fois-ci par les médecins généralistes du secteur privé.

En effet, le Collège syndical national des médecins généralistes libéraux (CSNMGL) a rejoint la mouvance contestataire qui s’est constituée ces dernières semaines pour pointer du doigt l’attitude jugée «exclusionniste» du ministre de tutelle. «Nous nous élevons contre l’attitude du ministre de la Santé qui va à l’encontre de notre constitution et des recommandations du chef de gouvernement qui prône la concertation, et ce, malgré notre lettre de proposition du dialogue de mai 2017», peut-on lire dans un communiqué commun diffusé lors d’un point de presse organisé, mercredi 11 octobre à Casablanca, à la veille d’une assemblée générale décisive. Les professionnels de la médecine privée semblent aujourd’hui décidés à aller jusqu’au bout de leur revendication.

La piste d’une nouvelle grève n’est pas exclue (celle du 30 mars a connu selon eux un taux de réussite dépassant les 70%). Un syndicaliste, présent lors de la conférence de presse, n’a pas hésité à brandir une carte encore plus menaçante : la suspension des prestations au titre de l’Assurance maladie obligatoire. En tout cas, comme l’a si bien rappelé Dr Saïd Afif, le président du CSNMSP, la nature de la riposte à réserver à l’attitude du ministère de tutelle relève des prérogatives de l’assemblée générale souveraine des trois instances. Celle-ci s'est tenue dans la soirée de jeudi 12 octobre. «Cette assemblée devrait discuter de l’avancement de toutes nos revendications et décider, au besoin, de toute action revendicative sur le terrain», souligne Mohamed Benaguida, le président de l’ANCP.

Dialogue suspendu !
Au cœur des revendications de ce collectif syndical, composé de médecins libéraux, figure la question de la revalorisation des tarifs des prestations médicochirurgicales, gelés depuis 2006 pour l’AMO et depuis 2002 pour la CMIM et la FMSAR. «C’est bien le citoyen qui se trouve pénalisé en premier en continuant à débourser de sa poche 54% de la dépense de ses soins. L’AMO ne lui rembourse pas plus de 40% en moyenne», affirme Dr Saâd Agoumi, président fondateur du CSNMSP. Les contestataires disent n’avoir cessé de tirer la sonnette d’alarme à ce sujet sans aucune réponse concrète des responsables. Cette situation oblige les médecins à considérer le coût réel des prestations avant de les facturer. «Ce que les patients considèrent comme surcoût de facturation vient du fait que la tarification n’a pas été révisée depuis 2006», soutient le collectif syndical.

Ce dernier déplore également «l’inadéquation des lois promulguées sans réelle concertation avec les professionnels de santé», ce qui serait, aux yeux des médecins, à l’origine de «l’échec du Ramed et du Plan d’urgence». L’absence de carte sanitaire pour le secteur privé est aussi fortement critiquée, laissant s’installer un déséquilibre entre l’offre et la demande de soins à travers le territoire. «La loi a en effet exclu le secteur libéral de cette organisation cartographique pour permettre aux investisseurs non médecins étrangers et locaux de n’investir que dans les grands centres où le pouvoir d’achat est salvateur pour ces mêmes investisseurs», regrettent les syndicalistes.

S’agissant des revendications en lien avec le Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM), les syndicalistes plaident, avant toute nouvelle élection, pour la mise en place des douze conseils régionaux conformément au nouveau découpage territorial. En outre, le collectif demande à ce que le vote soit fait secteur par secteur (privé, public, universitaires), et que le président de l’ordre soit élu au suffrage universel. 


À quand un Conseil supérieur de la santé

La santé, en tant que droit constitutionnel, ne doit pas être otage des idéologies politiques. Partant de ce principe, les trois instances représentatives de la médecine libérale au Maroc, à savoir la CSNMSP, l’ANCP et la CSNMGL, plaident pour la mise en place d’un «Conseil supérieur de la santé», en tant qu’instance politiquement indépendante, en mesure de définir une vision de la santé à long terme. Dans le même ordre d’idées, on retient l’appel lancé pour organiser des «Assises de la santé», l’occasion de réfléchir et discuter de la destinée de la médecine et de la santé au Maroc.

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