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Dans sa dernière note sur le projet de réforme du régime de change au Maroc, l’agence de notation Fitch Ratings a transmis des messages rassurants quant aux perspectives de flexibilité du dirham et l’impact de celle-ci sur l’économie marocaine. Elle estime que les réserves de change et la ligne de précaution et de liquidité du FMI seront en mesure d’amortir les pressions éventuelles sur le taux de change.

«Le choix de la flexibilité du dirham reste toujours envisageable malgré la chute des réserves de devises observée au deuxième trimestre. Les réserves ont maintenant touché le fond et nous nous attendons à ce que les autorités mettent en œuvre des modifications graduelles du cadre de change, tout en essayant d'obtenir un ancrage plus solide des attentes politiques, en ajustant notamment la stratégie de communication». Les propos émanent d’une note sur le régime de change, produite par l’agence de rating Fitch. Sans apporter d’éléments nouveaux sur ce dossier, l’agence a voulu transmettre un message rassurant quant aux perspectives de la flexibilité et de son impact sur l’économie marocaine. Elle s’est d’abord arrêtée sur les circonstances ayant accompagné l’annonce, vers fin juin dernier, du report sine die de la flexibilité, sur fond d’une chute brusque des réserves de changes.

En effet, de fin avril au 7 juillet, le volume des réserves nettes de devises a perdu 14% pour se situer à 20,9 milliards de dollars, soit leur plus bas historique depuis deux ans, chose qui s’est répercutée sur le niveau de couverture des importations à la disposition de Bank Al-Maghrib, limité, quant à lui, à un peu plus de cinq mois d’importations (fin juillet). Il est désormais connu que le repli des réserves est dû, en partie, au mouvement massif d’achat des devises au titre des opérations de couverture échangées à quelques jours de l’annonce du démarrage de la flexibilité, prévue initialement avant fin juin. «Du 28 avril au 7 juillet, les banques marocaines ont vu leurs avoirs en devises croître de 56%, ce qui équivaut à un additionnel de l’ordre de 1,6 milliard de dollars», révèle Fitch.

Pour expliquer ce mouvement de panique, son analyse se réfère à la chute brutale de la livre égyptienne suite à une libéralisation totale du régime de change, ainsi qu’aux pressions ressenties sur le marché de change en Tunisie. Ces deux faits «auraient suscité des craintes d'une éventuelle dépréciation du dirham, bien que la probabilité de ce scénario semble très faible à notre avis», estime l’agence de notation, en rappelant à juste titre que si la livre égyptienne a été jugée largement surévaluée, le dirham est proche de sa valeur d'équilibre.

Panique injustifiée
La chute des réserves au deuxième trimestre serait due également au niveau élevé des sorties de la balance des paiements durant cette période. Fitch cite à ce titre deux faits explicatifs. D’une part, un amortissement plus élevé que les tirages, en partie lié à l'approbation tardive du budget de 2017, le financement de l’endettement étranger ayant ainsi mobilisé 520 millions de dollars au terme des sept premiers mois de 2017, contre 230 millions de dollars un an auparavant. D’autre part, le niveau élevé des prix du pétrole a contribué à une aggravation de près de 600 millions de dollars du déficit commercial.

L’agence américaine ajoute à cela les sorties de devises au titre des IDE, dont le montant a été multiplié par trois, citant le cas de la dépense mobilisée dans le cadre de «l'expansion régionale du secteur bancaire national», allusion faite à l’achat par le Groupe Attijariwafa bank de Barclays Bank Egypt, devenue désormais Attijariwafa bank Egypt. Décidément, l’agence Fitch ne cache pas son optimisme quant à l’évolution future des réserves de changes. En effet, le décaissement graduel du financement étranger et l'examen plus strict des transactions de change, soutient la note, devraient favoriser le rétablissement de la situation et l’amélioration du niveau de couverture des importations, de sorte à récupérer les réserves perdues dans le cadre des opérations de couvertures contre le risque d’une dépréciation du dirham. Sachant que les réserves ont déjà commencé à augmenter, franchissant le cap de 2 milliards de dollars début juillet dernier. Les autorités marocaines envisageaient d’élargir les bandes de fluctuation du dirham limitée à 2,5% (à la hausse comme à la baisse) au lieu de 0,3% actuellement.

Le flottement total ne peut avoir lieu qu’à long terme. «Les bandes flottantes seront relativement étroites dans un premier temps. Les avantages directs pour la compétitivité extérieure et la capacité d'absorption des chocs économiques seront encore modestes», s’attend Fitch pour laquelle l’élargissement de 2,5% serait une étape importante vers des taux de change plus flexibles qui pourraient aider à amortir les chocs externes et augmenter la marge de manœuvre de la Banque centrale pour orienter la politique monétaire vers le ciblage de l'inflation. La panique n’a donc pas lieu d’être. Fitch estime qu’un élargissement plus substantiel des bandes «pose peu de risques pour la stabilité macroéconomique», compte tenu de la faible exposition aux devises des banques et de la prédominance de la part de la dette publique libellée en dirham. «Nous nous attendons à ce que la volatilité du dirham reste limitée au lendemain de l'élargissement des bandes, bien que des pressions temporaires renouvelées sur les réserves soient possibles. Les réserves de change et la ligne de précaution et de liquidité du FMI seront en mesure d’amortir les pressions éventuelles sur le taux de change», conclut la note de Fitch. 

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