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Plus de 20.000 emplois seraient perdus annuellement par le secteur de la production locale de textile. Il s’agit de l’une des premières conclusions de l’étude menée par l’AMITH depuis plus d’un an en vue d’activer plusieurs procédures de défense commerciale à l’égard des importations déloyales. En cause, une concurrence étrangère de plus en plus virulente de la part de la Turquie, du Bangladesh, du Vietnam et de plusieurs enseignes low cost.

Des mesures de sauvegarde dans le textile ? C’est en tout cas le souhait de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH) qui travaille depuis bientôt un an sur une étude de l’impact des importations des produits du textile sur le marché national. Initialement dirigée vers les produits turcs, l’étude s’est diversifiée et compte désormais s’attaquer à plusieurs marchés exportateurs. Les professionnels du secteur se plaignent d’une inondation du marché marocain par un mouvement de contrebande massif et une concurrence déloyale de la part de grandes enseignes, principalement turques. Celles-ci exerceraient, selon l’AMITH, un dumping social et n’hésiteraient pas à exploiter des réseaux de contrebande pour écouler leurs marchandises déjà extrêmement compétitives grâce au soutien des pouvoirs publics. «Ces produits sont non seulement protégés sur leurs marchés locaux, mais également dopés aux subventions ce qui renforce leur compétitivité à l’export», souligne Karim, Tazi, président de l’AMITH. «Nous analysons l’impact des importations textiles que ce soit de la part des pays qui exportent directement vers le Maroc ou ceux qui le font à travers des enseignes low cost, notamment le Bangladesh et la Chine», explique Tazi. L’AMITH compte toutefois rester discrète concernant les résultats de l’enquête «toujours en cours». «Nous ne voulons pas griller toutes nos cartes, ce qui est important à savoir, c’est qu’il s’agit pour nous d’une bataille nationale où l’emploi est au cœur du problème», rétorque le président de l’association des professionnels du textile.

L'informel débouté
L’étude menée par plusieurs cabinets privés et en interne par l’AMITH a toutefois déjà permis de tirer certaines conclusions. D’abord, l’impact des importations sur l’emploi se chiffrerait à environ une perte de 20.000 postes annuellement. «Ce sont des pertes d’emploi pour le textile dirigées principalement vers la production locale, les industriels qui produisent pour l’export sont au contraire de grands employeurs». En effet, dans le cadre des écosystèmes textiles déployés par le Plan d’accélération industriel, pas moins de 65.000 emplois sont prévus à l’horizon 2020, principalement dans les filières du Denim et du Fast Fashion. Autre conclusion importante : «Il est de plus en plus clair que les modèles économiques des producteurs locaux ne peuvent pas être rentables même pour ceux qui agissent dans l’informel». D’où la nécessité pour l’AMITH de «changer complètement de paradigme concernant le marché local». Ce dernier demeure encore dominé par le secteur informel, surtout celui de l’importation. «Aujourd’hui, l’informel représente 80% du marché au niveau de la distribution», regrette le président de l’AMITH.

Antisubvention
Selon l’organisation professionnelle, plusieurs hypothèses sont en cours de vérification dans le cadre de la mise en œuvre de cette étude. Le processus risque encore d’être long. «Actuellement, nous vérifions l’impact des importations sur différents types de produits sur le marché local». Selon l’AMITH, il faut s’attendre à l’activation de tout type de mesures de nature à protéger le marché local, y compris des mesures antidumping, antisubventions et de sauvegarde. Toute la difficulté consistera donc à prouver ces pratiques anticoncurrentielles, ce qui ne risque pas d’être chose aisée. «La force d’un pays comme la Turquie par exemple, c’est sa discrétion et l’absence de communication concernant ces sujets», avoue Karim Tazi. L’industrie manufacturière turque profite d’un système d’aide publique robuste permettant un avantage comparatif important dans certains secteurs, notamment le textile. Les exportations turques sont également mieux accompagnées et soutenues en termes de réglementation, de subventions ou encore d’incitations. Au pays d’Atatürk, l’industrie profite d’une compétitivité énergétique, de réductions fiscales, de remboursements de la TVA, de baisse des taux d’intérêt sur les crédits, etc. En plus, le gouvernement turc est continuellement engagé dans le développement de ces mécanismes de soutien tant au stade de la production qu’à celui des exportations.

La Turquie...  et les autres
«Nous ne voulons pas d’un match Maroc-Turquie, cela ne nous intéresse pas. Ce qui nous importe c’est de défendre l’industrie locale contre tout type de concurrence déloyale, et ce, quel que soit le pays de provenance». Bien qu’il ne soit pas seul à bousculer l’industrie marocaine sur le marché local (le Maroc subit également la concurrence du Bangladesh, du Vietnam et d’enseignes européennes low cost), le textile turc reste sans doute l’un des plus redoutables. Avec environ 60.000 entreprises, employant près de deux millions de personnes, ce secteur occupe une place centrale dans l’économie turque. Le pays exporte plus de 60% de sa production, ce qui en fait le 5e exportateur mondial de produits textiles et le 7e de prêt-à-porter. Sur le marché européen, la Turquie est le 2e fournisseur de produits textiles et le 3e de prêt-à-porter.

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