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L’association marocaine des libraires s’insurge contre les pertes liées au renouvellement répétitif des manuels scolaires. Anticipant une grande vague de changement lors de la saison 2018-2019, les libraires envisagent par souci de précaution de réduire dès cette année leurs achats auprès des éditeurs. Une situation de pénurie n’est pas exclue, prévient le porte-parole de ladite association. Par ailleurs, les libraires pointent du doigt les conditions d’accès aux marchés de l’opération «un million de cartables» gérée dans le cadre de l’INDH pour la deuxième année consécutive.

Les réformes du ministre Mohamed Hassad dans le secteur de l’enseignement et de l’éducation nationale ne font pas que des heureux. C’est le cas par exemple des libraires qui se sentent lésés par le renouvellement répétitif de certains manuels scolaires. Ainsi, si l’on s’attend à un changement total pour la saison 2018-2019 de tous les manuels des niveaux de première, de troisième et de cinquième années du primaire, la saison scolaire 2017-2018, elle, sera marquée par la sortie d’une nouvelle version des manuels de français de la cinquième et de la sixième années du primaire. Idem pour la matière de l’éducation islamique dont le manuel va subir de nouvelles modifications pour la deuxième année consécutive et ce, pour les niveaux allant de la deuxième année du primaire jusqu’au baccalauréat.

Cette situation ne semble pas du tout arranger les affaires des libraires qui estiment devoir supporter à chaque fois le coût des pertes en lien avec le stock d'invendus. «À l’image de n’importe quel autre commerçant, nous devons constituer des stocks. Mais quand on renouvelle les manuels tous les ans, bonjour les dégâts», s’indigne Mohamed Barni, président de l’Association nationale des libraires. Ce dernier anticipe dès à présent une situation de manque au niveau de l’offre de manuels scolaires lors de la prochaine rentrée scolaire. «Les libraires seront amenés à prendre toutes les précautions nécessaires pour réduire les pertes en minimisant notamment leurs achats auprès des éditeurs», prévient Barni. Lors d’une réunion au ministère de tutelle remontant à début juillet dernier, le ministre Hassad aurait insisté à ce que les éditeurs récupèrent les manuels «périmés» ou ayant fait l’objet de modifications partielles ou totales. Les éditeurs, de leur côté, rejettent toute responsabilité en précisant, rapporte le porte-parole des libraires, que les clauses des cahiers des charges signés avec le ministère de l’Éducation nationale ne les obligent pas à verser des remboursements ou à récupérer les stocks invendus. À l’issue de la même réunion, il a été décidé également d’informer d’avance les libraires de tout éventuel changement de sorte à leur permettre d’écouler les stocks et d’éviter de subir de nouvelles pertes.

«Un million de cartables» : un marché juteux, mais…
Outre la question épineuse des manuels scolaires, les libraires pointent du doigt le traitement qui leur est réservé dans un autre dossier, non moins important, en lien cette fois-ci avec l’opération «Un million de cartables». Déléguée initialement aux grandes surfaces, la gestion de cette opération a été confiée dans un premier temps au ministère de l’Éducation nationale qui a dû associer, dès la saison 2009-2010, les libraires locaux pour répondre aux besoins sans cesse croissants de ce marché (l’opération a touché environ 4,2 millions d’élèves lors de la saison 2016-2017 pour un investissement total de plus de 390 MDH).
Les premiers dysfonctionnements, indique Mohamed Barni, sont apparus en 2012-2013, à partir du moment où le ministère de l’Éducation nationale a montré son incapacité à apurer ses arriérés vis-à-vis des libraires. Ces derniers se sont regroupés au sein d’une coordination nationale (le noyau qui donnera plus tard naissance aux trois associations représentatives de la profession), multipliant ainsi les sit-in devant le siège du ministère à Rabat pour revendiquer le paiement des montants dus. L’on connaît aujourd’hui la suite des évènements. La gestion du dossier «un million de cartables» a finalement été confiée au ministère de l’Intérieur qui le gère dans le cadre de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH). La première expérience coïncidant avec la saison 2016-2017 a été marquée par le retard pris dans la délivrance des marchés conclus pour la plupart vers fin août voir début septembre, affirme Barni.

Parmi les autre reproches adressées à la gestion sous INDH de ce dossier figure le mode d’affectation des marchés qui prenait la forme d’appels d’offres restreints, réduisant de ce fait les chances d’accès des libraires locaux, eu égard au niveau relativement élevé des montants adjugés dans le cadre de cette opération. Ce mode de compétition, apprend-on de ladite association, a donné libre voie à un nouveau profil de soumissionnaires «friqués» mais sans aucun lien avec le métier de libraire. «Madame la gouverneur, coordinatrice de l’INDH a promis de rectifier cette situation et a donné son accord de principe pour donner la priorité aux libraires professionnels locaux. Une lettre sera envoyée à cet effet aux walis et gouverneurs», peut-on lire dans un communiqué des libraires diffusé à l’issue d’une réunion tenue le 28 juin dernier avec Nadira Guermaï, gouverneur-coordinatrice de l’INDH. Deux mois plus tard, les libraires locaux ne cachent pas leur déception face au traitement qui leur a été réservé suite au dénouement de presque tous les marchés qui ont pris cette année la forme d’appels d’offres ouverts (il en reste encore seulement deux, en l’occurrence celui relevant de la province de Tétouan dont l’ouverture des plis est prévue le 31 août, puis celui de la province d’Azilal attendu pour le 6 septembre).

En effet, les lots portaient sur des montants «excessivement chers», allant de 600.000 à 4 MDH. Au niveau de la Province de Marrakech, constate Barni, parmi une centaine de candidats soumissionnaires, seuls quatre ont finalement été retenus dont un seul aurait empoché 17 lots pour un montant de plus de 100 MDH. C’est dire…

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