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L’activation du Comité interministériel de l’emploi permettra-t-il de mettre en place des politiques efficaces de lutte contre le chômage des jeunes ? En tout cas, c’est l’objectif escompté par le chef de l’Exécutif qui érige la promotion de l’emploi en priorité. À travers cette instance, Saâd-Eddine El Othmani compte sur le renforcement de la convergence entre les départements et les acteurs concernés pour éviter les échecs du passé.

Très attendue depuis près de  deux ans, l’activation du Comité interministériel de l’emploi vient enfin d’avoir lieu sous la présidence du chef de gouvernement. La création de cette instance, -élément-clé dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de l’emploi-, a été décidée en juillet 2015 par l’ancien Exécutif qui a adopté un décret portant sa création trois mois plus tard. Il a fallu attendre la formation d’un nouvel Exécutif pour qu’enfin ce comité, qui a une importance capitale, se réunisse pour la première fois. Un énorme retard pointé du doigt par observateurs et responsables en raison de la non-conformité de l’agenda politique avec les impératifs économiques. Aujourd’hui, les défis sont de taille. Ce gouvernement est très attendu sur le dossier épineux de l’emploi.

Lors de l’ouverture de la réunion du comité hier lundi, le chef de l’Exécutif a affiché la ferme volonté de prendre le taureau par les cornes en associant toutes les parties prenantes (gouvernement, partenaires sociaux et économiques et société civile) dans la lutte contre le chômage, en particulier celui des jeunes diplômés.  L’activation du comité interministériel permettra de créer une convergence des points de vue entre les départements ministériels autour de l’épineuse question de l’emploi qui n’est pas uniquement l’affaire du département de travail mais plutôt de l’ensemble des départements surtout les secteurs productifs. C’est d’ailleurs, le point sur lequel a beaucoup insisté le chef de gouvernement.  Malgré les contraintes, les ambitions sont on ne peut plus grandes pour lutter contre le chômage. Un grand espoir est nourri dans le comité ministériel ayant pour mission de déterminer les orientations générales des politiques d'emploi, suivre leur mise en œuvre, affiner les mesures pratiques pour la promotion de l'emploi, promouvoir les opportunités d'emploi et améliorer les programmes actifs de l'emploi. Il ne suffit pas d’ériger le dossier en priorité dans les politiques gouvernementales, mais encore faut-il, trouver des moyens concrets pour concrétiser les objectifs fixés.

Le comité devra dégager des pistes et des mesures concrètes à mettre en œuvre et créer des groupes de travail comme celui des politiques macroéconomiques de l’emploi qui devrait être présidé par le ministre de l’Économie et des finances ou encore le groupe de la territorialisation des politiques de l’emploi sous la houlette du ministre de l’Intérieur. La dimension territoriale est considérée aujourd’hui comme une composante incontournable et doit être prise en compte dans les politiques publiques de manière générale et dans les politiques de promotion de l’emploi en particulier, comme le souligne El Othmani. C’est dans ce cadre que le chef de gouvernement s’engage à adopter, dans «les prochaines semaines», la très attendue charte de la déconcentration pour le transfert d’une partie des prérogatives centrales aux régions, dont le volet de l’emploi. Cela permettra de booster davantage les conventions de partenariat déjà établies sur le plan régional et créer, ainsi, une meilleure synergie et complémentarité entre les politiques nationales et celles territoriales en matière de promotion de l’emploi. Des rencontres régionales ont déjà eu lieu entre avec les différents acteurs institutionnels, économiques et sociaux engagés dans le processus de création de l’emploi pour aboutir à la signature de conventions de partenariats entre les conseils régionaux, les collectivités territoriales, le ministère de l’Emploi, l’ANAPEC, ainsi que les partenaires publics et privés.

D’ailleurs, les Plans de développement régionaux (PDR) ont été l’occasion de fixer les priorités et de mettre en place un dispositif régional de promotion de l’emploi répondant aux besoins identifiés en vue de déployer des mesures incitatives complémentaires aux mesures nationales pour l’emploi. Outre cette orientation territoriale et régionale, le comité devra veiller à l’appui de la création de l’emploi qui reste encore insuffisante par rapport aux besoins. Une mission qui n’est pas de tout repos, mais qui devrait être concrétisée grâce à la convergence des politiques publiques et l’augmentation du taux de croissance. Un autre élément s’avère nécessaire : l’adéquation du dispositif d’éducation et de formation aux exigences du marché du travail. L’effort a été déjà entamé, mais il reste encore insuffisant, notamment au niveau des universités marocaines qui sont appelées à s’adapter avec les exigences du secteur privé. Le gouvernement devra s’atteler également aux programmes actifs de l’emploi et au développement de l’intermédiation. Un dossier qui est, en grande partie, entre les mains de l’ANAPEC. Une agence qui se heurte encore à l’insuffisance des ressources humaines et des moyens financiers. Le développement de l’intermédiation s’impose, selon les experts. Cela passe par la mise en place d’une approche globale et intégrée de la question de l’emploi en associant le développement économique, l’éducation et la formation professionnelle ainsi que la législation du travail et l’intermédiation aussi bien public que privé.

Sur le plan des programmes actifs de l’emploi, malgré les politiques publiques et les mesures mises en place au cours des dernières années ainsi que l’importance accordée dans les programmes gouvernementaux à cette question, le chômage, notamment celui des jeunes diplômés, demeure élevé. L’impact des mesures prises reste peu visible. Certains programmes actifs de l’emploi ont démontré leurs limites et inefficacité, vu qu’ils ne sont pas assez adaptés à toutes les catégories, alors que d’autres ont même créé de la précarité à une certaine époque. On peut rappeler notamment l’échec du programme Moukawalati à cause de la sur-dimension des objectifs, la non-prise en compte de tous les aspects liés à l’entreprise et à l’entreprenariat, notamment la question de l’accompagnement post-création et celle de l’hébergement et de l’incubation ainsi que la problématique de la faiblesse d’implication des banques, selon les experts. Un autre programme actif de l’emploi était trop critiqué, mais il a pu être amélioré pour protéger les jeunes diplômés et limiter la précarité : le contrat formation-insertion. Le Comité interministériel de l’emploi est appelé à lancer une véritable réflexion sur les programmes actifs de l’emploi afin non seulement de les diversifier mais aussi de les renforcer et les améliorer en se basant sur les constats du marché de l’emploi.  Par ailleurs, le comité a aussi pour mission d’examiner l’amélioration du fonctionnement du marché du travail ainsi que la promotion des conditions de travail en favorisant l’emploi décent. En général, la majorité des emplois reste caractérisée par l’informel et la précarité, notamment dans le secteur des BTP et celui des services. 


Saâd-Eddine El Othmani
chef de gouvernement

«Ce comité permettra la concrétisation de la coordination et la convergence entre les différents secteurs et les acteurs tant officiels que non-officiels en matière de promotion de l’emploi. Ce qui va permettre d’éviter la déperdition du temps, des efforts et des ressources financières. Le gouvernement veillera à prendre toutes les mesures nécessaires pour la création de postes d’emploi suffisants».


Les missions du comité

Le comité interministériel comprend dans sa composition plusieurs départements ministériels: l’Intérieur, les Affaires étrangères, l’Économie et les finances, l’Agriculture, l’Éducation nationale, l’Enseignement supérieur, l’Industrie et le commerce, la Solidarité, les MRE, l’Artisanat, la Jeunesse, l’Habitat et l’Emploi. Il est chargé d’élaborer un plan d'action à court, moyen et long termes et de mettre en place des mesures opérationnelles à même de donner un coup de fouet à l’emploi. Cette instance devra approuver tous les plans d’action en matière de promotion de l’emploi et se réunir régulièrement, au moins une fois par an sous la présidence du chef de gouvernement. Ce comité devra être appuyé par un comité de suivi de l’emploi chapeauté par le ministre du Travail. Des comités régionaux de l'emploi seront aussi mis en place en vue de préparer des programmes pluriannuels et annuels sur la base desquels des financements seront décidés dans le cadre du processus de préparation de la loi de Finances et affectés aux Fonds régionaux de l'emploi.

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