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Le gouvernement de Mariano Rajoy se dit prêt à mettre fin au commerce de contrebande pratiqué par les porteurs. Une activité qui n’est plus rentable, estiment les autorités espagnoles.

Combien de porteurs s’affairent entre le Maroc et les enclaves de Sebta et Mélilia ? C’est la question à laquelle le gouvernement espagnol peine à répondre. Interpellé par le sénateur basque Jon Iñarritu, l’Exécutif espagnol a dit méconnaître avec précision le nombre des travailleurs transfrontaliers dédiés au commerce de contrebande.

Le gouvernement de Mariano Rajoy s’est contenté de livrer des estimations au sénateur. De la sorte, ils seront entre 12.000 et 15.000 travailleurs qui accèdent durant les jours ouvrables à Sebta, de 7H à 21H. Du côté de Mélilia, ce collectif serait moindre, en comparaison avec le préside sebti, soit entre 3.000 et 5.000 personnes selon la période de l’année. Toutefois, ces porteurs entreprennent, dans la même journée, divers allers-retours entre les deux frontières. De fait, ces chiffres sont à mille lieues de la réalité sur le terrain. Les autorités de Sebta recensent, au bas mot, 20.000 porteurs, voire 40.000, lors de certaines périodes de grande affluence.

C’était le cas par exemple durant la semaine de la mise en service du nouveau passage appelé Tarajal II, réservé exclusivement aux porteurs de fardeaux. La situation est moins chaotique à Mélilia vu que les journaliers y accèdent par trois passages frontaliers, contrairement à Sebta où l’accès ne se fait qu’à travers Bab Sebta (Tarajal pour les Espagnols). La réponse évasive de l’Exécutif espagnol dévoile son malaise vis-à-vis de ce dossier.

De même, sur la question portant sur les retombées de ce business sur l’économie sebtie, le gouvernement de Mariano n’a avancé aucun chiffre, se limitant à dire qu’à présent, cette activité n’est plus rentable. Madrid a même laissé entendre dans la réponse écrite envoyée au sénateur basque, que le gouvernement est disposé à mettre fin à l’activité exercée par des milliers de personnes. Ces menaces d’en finir avec le commerce transfrontalier s’accentuent au fil des événements, et sonnent comme un avertissement aux autorités marocaines. Celles-ci font profil bas face à cette situation et semblent ne pas être concernées par les menaces à peines masquées de Sebta et désormais Madrid, de couper les vivres à un bataillon de travailleurs sous prétexte qu’il n’est plus lucratif. Or, la contrebande a le vent en poupe et rapporte gros aux caisses sebties.

Meilleure gestion
Selon une dernière étude réalisée par l’Université de Grenade, les fardeaux transportés sur les dos des femmes marocaines rapportent 404 millions d’euros à l’enclave, soit le tiers du PIB local. Cet apport financier, les autorités de Sebta le situent a à peine 266 millions, si l’on se fie aux estimations du gouvernement local. Désormais, la tendance est de pointer du doigt cette activité, sans pour autant présenter une alternative aux concernés. Même le gouvernement de Mélilia semble marcher sur les pas de Sebta et ne cesse de brandir le besoin urgent de «redimensionner le commerce transfrontalier». Une formule édulcorée qui ne signifie pas autre chose que la fin de cette activité, le gagne-pain de milliers de familles marocaines.

Le délégué du gouvernement de Mélilia, Abdelmalik El Berkani vient de réitérer cette demande en soulignant que le fait d’apporter des améliorations à l’infrastructure frontalière et/ou renforcer les effectifs de sécurité sont devenus des mesures palliatives qui ne s’attaquent pas au cœur du problème. Le responsable a souligné que l’administration centrale et locale travaillent conjointement à la recherche de formules permettant une meilleure gestion des postes-frontières.

De leur côté, les socialistes de Mélilia reviennent à la charge et demandent la présentation d’une demande d’adhésion à l’espace douanier européen et de convertir l’enclave en une zone franche type II (régi selon les mêmes dispositions applicables aux entrepôts douaniers). Selon les socialistes de Mélilia, ce statut apportera davantage de richesse, dynamisera le commerce avec le Maroc, tout en le rendant légal.

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