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Dernière ligne droite pour l’investiture du gouvernement. Le chef de gouvernement devra répondre, en fin d’après-midi, aux critiques virulentes des parlementaires avant de passer au vote de confiance. L’équipe gouvernementale est, certes, assurée de son investiture. Cependant, El Othnami gagnerait à calmer les esprits échauffés de sa majorité pour faire face à l’opposition qui a déjà sorti l’artillerie lourde.

C’est aujourd’hui que le gouvernement sera investi par le Parlement, après des interventions musclées de l’opposition sur le programme gouvernemental. Le bras de fer entre la majorité et l’opposition s’annonce serré. Le principal groupe parlementaire de l’opposition à la Chambre des représentants n’a pas hésité à sortir, lundi lors de la discussion du programme gouvernemental au sein de l’hémicycle, l’artillerie lourde contre le chef de gouvernement, l’accusant de véhiculer de la «désinformation» à propos de sa rencontre avec le secrétaire général du PAM, Ilyas El Omari, jeudi dernier. Les passes d’armes ont repris entre les  partis du tracteur et de la lampe, qui se sont toujours regardés en chiens de faïence. On s’attend ainsi à ce que les discussions soient animées au sein de la coupole entre les députés des deux formations politiques.

Critiques musclées
Le groupe parlementaire du PAM tire à boulets rouges sur le gouvernement, doutant de sa cohésion en raison de ses six composantes, différentes les unes des autres. Le choix de la continuité et le manque de la touche politique sont vertement critiqués. «Les mêmes choix et les mêmes visages ne pourront qu’engendrer des politiques publiques impopulaires au cours des cinq prochaines années», souligne Zhour Ouahhabi, jeune députée du PAM. Elle estime qu’El Othmani n’a pas présenté un programme gouvernemental, mais plutôt une déclaration gouvernementale qui manque de programmes clairs, de stratégie et de mesures d’exécution, et repose sur une approche sectorielle fragmentée. Du côté du président du groupe du PAM, Mohamed Achrourou, nombreux sont les reproches: un taux de croissance en deçà des aspirations, un taux de chômage irréalisable au vu des indicateurs annoncés par le gouvernement, des objectifs erronés tracés pour l’endettement…Sur le plan industriel, le PAM appelle le gouvernement à baliser le terrain pour le secteur privé en créant des entreprises industrielles publiques et en donnant un coup de fouet au partenariat public-privé. «Seul l’État, en partenariat avec le secteur privé, est capable d’industrialiser le pays. Cette mission ne peut être déléguée au secteur privé uniquement comme le souligne la déclaration gouvernementale», précise Achrourou.

Position ambiguë du PI
Bien qu’il soit l’unique groupe parlementaire de l’opposition à la chambre basse -du moins pour le moment- le PAM n’est pas le seul à critiquer  le gouvernement. Le président du groupe parlementaire du Parti de l’Istiqlal à la première chambre, Noureddine Mediane, décoche ses flèches contre la composition de l’Exécutif, l’architecture du gouvernement et le programme gouvernemental. Il relève l’enchevêtrement des prérogatives entre certains ministères et organismes publics, l’absence de pôles clairs, d’une vision stratégique relative au modèle économique et des préalables nécessaires pour faire du Maroc un pays émergent, la fragmentation des mesures, le manque d’engagement en matière de création d’emplois… Sur le plan politique, les députés de l’Istiqlal vont-ils voter pour le programme gouvernemental ? Les propos de Mediane au sein de l’hémicycle restent ambigus. Les parlementaires du parti de l’Istiqlal sont tenus d’appliquer la décision du conseil national du parti ayant trait au soutien du gouvernement. Mais Mediane estime que le contexte de la prise de cette décision a changé. «Le groupe parlementaire de l’Istiqlal est embarrassé. Il veillera à voter conformément à ses principes et convictions», indique-t-il.

Tensions au sein de la majorité
Par ailleurs, du côté de la majorité, les esprits ne se sont pas visiblement calmés, comme l’aurait souhaité le nouveau chef de gouvernement. En témoignent les interventions des groupes parlementaires du PJD et du Rassemblement constitutionnel.

Le président du groupe parlementaire du parti de la lampe à la Chambre des représentants Driss Azami Idriss a rappelé le contexte dans lequel est né le gouvernement d’El Othmani ainsi que les concessions «douloureuses» du PJD. Il a d’emblée affiché la couleur: «Notre soutien au gouvernement est clair et franc». Mais ce membre du secrétariat général du PJD, proche de Benkirane, a laissé entendre que le soutien du PJD au gouvernement ne sera pas comme celui ayant marqué le précédent mandat. Il apparaît clairement que les députés du PJD ne faciliteront pas la tâche aux membres de l’Exécutif, du moins lors de la discussion des projets de loi et des débats parlementaires tant en commissions qu’en séances plénières. Concernant les autres composantes de la coalition gouvernementale, un soutien absolu est affiché par ses parlementaires. Néanmoins, El Othmani gagneraient à renforcer la cohésion des différents groupes de la majorité gouvernementale.

En effet, les tensions sont toujours palpables et risquent de déteindre sur l’action de l’équipe gouvernementale. Les échanges virulents entre les membres de la même coalition ne sont pas de bon augure. Lundi, le président du groupe du Rassemblement constitutionnel, Tawfik Kamil, n’a pas hésité à dégainer et tirer sur certains militants du PJD, sans les citer nommément, les qualifiant de «voix dissonantes».

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