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18-07-2017 12:44

18-07-2017

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Décryptages / Évènements

Le ministère de l’Éducation nationale est en train de mener un audit dans quelque 500 établissements scolaires privés. L’objectif est d’amender la loi, réviser la gestion, revoir les process et corriger les dysfonctionnements et les défaillances du secteur. Quelque 13,8% des élèves sont inscrits dans des établissements d’enseignement privé. L’objectif est de porter ce pourcentage à 25% à l’horizon 2024.

Bien qu’il soit prisé par de plus en plus de parents, l’enseignement privé est très critiqué notamment sur le volet des tarifs. Les dysfonctionnements ne manquent pas. Les familles qui veulent éviter les défaillances de l’école publique semblent prises au piège. Saignés à blancs, les parents se trouvent dans l’obligation d’accepter l’augmentation répétitive des tarifs pratiqués par les établissements privés considérés par l’État comme des entreprises. Le gouvernement ne dispose actuellement d’aucune marge de manœuvre lui permettant de plafonner les tarifs.

Le secteur rentre, en effet, dans le cadre des services libéralisés. La réglementation de ce volet ne pourra pas se faire tant que les écoles privées ne sont pas encore classifiées. En effet, le secteur n’est pas homogène. L’offre des établissements scolaires privés est disparate aussi bien sur le plan pédagogique qu’au niveau des tarifs pratiqués. Il est ainsi grand temps de changer la donne. La seule option pour réglementer les tarifs à l’instar de ce qui se fait sous d’autres cieux consiste à amender la loi régissant le secteur qui date de 2000 et de réviser le cahier des charges. C’est d’ailleurs l’un des objectifs de l’audit mené par le ministère de l’Éducation nationale et de la formation professionnelle dans 500 établissements scolaires privés dans l’ensemble des douze académies depuis mars dernier.

Le ministère entend à travers cette opération établir une idée précise et claire sur la situation de l’enseignement privé au Maroc en vue de corriger les dysfonctionnements et revoir la gestion du secteur. Menée sous l’égide des deux inspections générales pédagogique et administrative du ministère de l’Éducation nationale, l’opération d’audit et d’inspection se poursuivra jusqu’en mai. Elle vise à dresser un rapport exhaustif de la situation actuelle de l’enseignement privé. Il s’agit d’un outil d’aide à la prise de décision au niveau du ministère. Le rapport final sera présenté au ministre et aux décideurs politiques. Les recommandations permettront d’orienter les décisions en matière de gestion du dossier de l’enseignement privé au niveau central, régional et provincial. Sur la base des conclusions de l’étude, il sera procédé à la révision des dispositions de la loi actuelle et du cahier des charges en vigueur.


«Nous envisageons de mettre en place un dispositif de réglementation des frais»

Merzaki Bendaoud
Directeur chargé de la promotion de l’enseignement scolaire privé et du préscolaire au ministère de l’Éducation nationale

Les Inspirations ÉCO : Quelles sont les dispositions à revoir dans la loi actuelle ?
Merzaki Bendaoud : La loi date de 2000 alors que nous étions à moins de 1.000 établissements privés. Actuellement, ce chiffre est d’environ 4.600. Le nombre des élèves a été multiplié par cinq. Aussi a-t-on besoin d’avoir une idée précise sur ce qui se fait sur le terrain en vue de prendre les bonnes décisions ayant trait à la révision du cadre législatif. Pour atteindre cet objectif, il faut un rapport détaillé sur la situation actuelle. Ainsi, l’audit en cours dans les établissements scolaires privés est une opération de grande envergure.

Le ministère va-t-il de réglementer les tarifs pratiqués par ces établissements   ?
Oui, c’est envisageable dans le cadre de la révision de la loi. Nous envisageons de mettre en place un dispositif de réglementation des frais sur la base d’une classification typologique des établissements scolaires. Nous sommes en train de mener des benchmark pour voir comment on peut fixer les tarifs des établissements scolaires privés au Maroc.

Qu’en est-il du volet pédagogique ?
Jusqu’ici, le cahier des charges et la loi se focalisaient plus sur le volet de la consistance physique des établissements, leurs structures, les équipements…Le volet pédagogique est inscrit dans l’axe relatif aux programmes. Nous tendons à aller au-delà de cet aspect pour englober aussi la dimension des ressources humaines.

Le projet de loi-cadre est un autre chantier de la plus haute importance. Qu’attendez-vous de ce texte ?
On attend beaucoup de cette loi car jusqu’à présent, on n’a pas de texte législatif régissant le secteur. Ce sera la première loi du genre. Avec la loi, le temps politique n’est plus déterminant pour l’action pédagogique. En effet, le temps éducatif l’emporte sur le temps politique quand on a une loi. On s’inscrit ainsi dans la pérennité et la continuité. Les choix seront stabilisés. Même si les gouvernements se succèdent, on ne touche pas aux fondamentaux arrêtés dans la loi. La charte n’est qu’un document et n’a pas la force de la loi. Le projet est prêt. Il devra emprunter le circuit législatif une fois le gouvernement mis en place. Il est à rappeler que ce projet a été élaboré par une commission ad-hoc sous la présidence du chef de gouvernement car plusieurs secteurs sont concernés (formation professionnelle, enseignement supérieur, éducation nationale…). Après l’élaboration dudit projet, il a été soumis encore une fois pour relecture au Conseil supérieur de l’enseignement qui a rendu son avis.  

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