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L’article 6 de la loi n° 5-12, relative à la profession de guide touristique, stipule clairement que nul ne peut avoir l’agrément d’exercer le métier s’il n’est pas de nationalité marocaine. Pourtant, certaines agences chinoises semblent peu soucieuses du respect de cette loi, et à la place de guides marocains agréés, ce sont des guides venus tout droit de Chine qui viennent pratiquer cette profession… dans le noir et en toute impunité.

Exercice illégal du tourisme, agences opérant au noir, commerce illégal d’espèces protégées… Depuis l’annulation en 2016 du visa pour les touristes chinois, ces groupes malveillants semblent tout faire pour accumuler leurs profits, tout en nuisant au tourisme du royaume et à sa biodiversité. 
 
Sous prétexte que le chinois n’est pas « langue courante » au Maroc, au lieu de recourir aux services de guides marocains, non seulement de plus en plus nombreux à maîtriser parfaitement la langue chinoise, étudiée dans les universités chinoises ou dans les instituts chinois au Maroc, des agences préfèrent recourir aux services de guides illégaux venus de Chine le plus souvent avec une conviction : « tout s’achète au Maroc » !
Résultat: Chaque jour, des Chinois arrivent au Maroc avec un visa touristique, prennent deux mois de cours de français pour ensuite commencer à exercer. Et ce n’est même plus un secret, dans le web chinois, les agences proposent ouvertement leurs catalogues de prestations. Plus encore, les clients peuvent choisir leurs guides en Chine avant même de poser leurs valises au Maroc. Ces prestataires se font payer sur leurs comptes bancaires chinois afin d’éviter le contrôle du ministère des Finances.
 
 
 
Certains d’entre ces guides restent même au Maroc sans papiers. D’autres ont des billets d’avion aller-retour en Tunisie, offerts par leurs agences tous les trois mois afin de renouveler leur visa touristique. Les plus riches d’entre eux créent une société avec pas plus de 2.000 DH de domiciliation. Certains vont jusqu’à convoiter des mariages avec des Marocains afin d’obtenir une carte de séjour.
 
Jusqu’où va le préjudice causé au tourisme marocain? Nos investigations auprès des opérateurs du secteur nous apprennent que ces agences chinoises proposent non seulement des guides non agrémentés à leurs clients, mais vont jusqu’à empocher le prix des nuitées touristiques. Selon ces sources proches, les chambres louées ou achetées par ces guides/agences sont mises à la disposition des touristes chinois, et une fois de plus, ils seront payés dans leurs comptes bancaires chinois. Il en va de même pour des restaurants chinois: beaucoup se font payer en avance en Chine. Leurs employés également. 
 
Concernant le transport touristique, la majorité de ces Chinois n’ont pas de permis de conduire. Certains utilisent des permis de conduire chinois ne leur appartenant pas. Les plus malins vont acheter leur permis international à Dubaï, marché dominé également par les Chinois, selon les mêmes sources. Il en découle que  le tourisme national ne tire pratiquement aucun bénéfice des arrivées touristiques de ces agences/guides clandestins. Les agences de tourisme et de voyages marocaines peinent de plus en plus à conserver leur part du marché actuellement dominé par ces agences chinoises.
Il en va de même pour les guides marocains parlant chinois qui souffrent de plus en plus de la fluctuation des guides chinois clandestins.
 
 
 
Et ces guides nuisent également à l’image du pays, car en plus de pratiquer le métier illégalement, ils fournissent à leurs clients de fausses informations sur le Maroc, dénigrant des fois même le pays et son intégrité territoriale. 
Nos sources nous soufflent que les informations fournies par ces prestataires sur la superficie du Maroc est bien souvent hélas erronée et n’inclue pas le Sahara marocain. Certains guides vont même jusqu’à donner des informations historiques directement issues de la propagande des ennemis de l’intégrité territoriale du royaume. De plus, certains dénigrent directement le pays et ses habitants. Des exemples parmi d’autres : «Au Maroc, il n y a pas de respect des droits de l’Homme», expliquent certains de ces guides à leurs clients. Ceux ne faisant pas la différence entre la douche et le hammam hebdomadaire désinforment leurs clients en soutenant que «les Marocains ne se lavent qu’une seule fois par semaine». Les exemples à ce titre sont légion tant pour ce qui touche à la société qu’à la religion.
 
 
Ces guides clandestins profitent également de leur présence au Maroc pour porter atteinte à la biodiversité du pays. Les holothuries, espèce communément appelée concombre de mer, se trouve être protégée. Sa commercialisation et sa pêche sont interdits. Pourtant, en raison de ses qualités aphrodisiaques, l’espèce est pêchée et vendue en passe par ces guides tantôt à leurs clients chinois, tantôt exportées en contrebande, et à des prix exorbitants pouvant atteindre les 10.000 DH le kilo.
 
Souvent pêché au golfe de Dakhla ou aux environs d’El-Jadida, le concombre de mer joue un rôle essentiel dans l’équilibre biologique de l’écosystème marin. Les concombres de mer font l'objet d'un suivi de la part de la FAO, de la CITES et de l'IUCN. 16 espèces figurent ainsi sur la liste rouge de l'UICN depuis 2013, dont 9 classées comme « vulnérables » et 7 « en danger ou à forte probabilité d'extinction ». Néanmoins, sur les réseaux sociaux chinois, ces guides clandestins proposent ouvertement des offres de vente de « viagra marocain » (voir photos) aux clients, appelant même les intéressés à les contacter. Profitant l’absence de vigilance de certaines autorités qui ne semblent pas au fait du statut protégé de l’espèce, il arrive que certains touristes rentrent en Chine avec du concombre marin dans leurs bagages, sans être inquiétés.
 
 
 
De sources expérimentées et de terrain, des guides marocains parlant chinois se demandent pourquoi les autorités marocaines laissent l’image de notre pays manipulée par des illégaux chinois, qui dénigrent le Maroc, amplifient jusqu’à l’exagération ses insuffisances (disant par exemple à leurs clients qu’il s’agit d’un pays de corruption), minimisent les réalisations du pays et ne glorifient point l’histoire ni la culture du royaume.
Le cadre légal marocain est pourtant assez complet et dissuasif. 
 
Auprès des opérateurs marocains du secteur, les acteurs approchés appellent à ce que le ministère du Tourisme se montre plus exigeant vis-à-vis de ces agences vis-à-vis du respect de la loi. « Il faudrait que le ministère de l’Intérieur ‘blackliste’ ces faux guides chinois. Leur identification est facile pourtant, grâce aux documents déposés auprès des hôtels et des agences à capitaux chinois », propose ce professionnel.
Un autre professionnel soutient pour sa part que le ministère des Finances et le Fisc doivent constater et pénaliser ces agences qui paient leurs employés en Chine pour des services accomplis sur le territoire marocain, en s’appuyant sur les listes déposés auprès des agences et hôtels. 
 
Les différents opérateurs contactés soutiennent mordicus que les autorités devraient s’atteler à cette problématique, tant les dysfonctionnements peuvent être passibles de retraits d’agréments, ou même de mesures pénales pour d’autres (Activités commerciales illégales, étalages commerciaux flagrants dans les hôtels, falsification d’huile d’argan etc). 
 
Certains pays arrivent à résoudre définitivement le problème des guides illégaux chinois (Égypte, Turquie) en les refoulant. Ces derniers optent donc pour le Maroc, plus accueillant, où ils déploient leur activité. Une situation bien préoccupante pour le tourisme et l’image du pays mais aussi pour sa biodiversité. Qu’en pensent les autorités marocaines du  secteur ? Sont-elles au fait de ces dérapages ? Nous n’en savons rien,  puisqu’elles sont restées injoignables devant nos tentatives de prise  de contact afin de collecter leur avis sur ce phénomène.

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