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Culture

«Électre des bas-fonds» est la nouvelle pièce de théâtre que proposent le metteur en scène, auteur et acteur Simon Abkarian et sa troupe, la Compagnie des 5 Roues, au Théâtre du Soleil jusqu’au 3 novembre. Une tragédie moderne aux allures de ballet-cabaret futuriste dans l’ère du temps. À couper le souffle.

Sur la scène du mythique du théâtre du Soleil de Paris se joue actuellement une pièce de théâtre d’un autre temps, mais qui dont l’actualité est avérée. «Électre des bas-fonds» est une tragédie grecque revisitée selon la vision multidimensionnelle et le style unique de Simon Abkarian. Plus connu en tant qu’acteur, le metteur en scène et l’auteur en lui s’expriment librement à la Cartoucherie d’Ariane Mnouchkine, sa maison, là où tout a commencé. Le «Shakespeare arménien», enfant spirituel d’Homère, démontre encore une fois toute l’étendue de son talent après plus d’une dizaine d’œuvres écrites comme «Pénélope ô Pénélope», «Le dernier jour du jeûne» ou encore «L’envol des cigognes». Avec «Électre des bas-fonds», il reprend la légende qui veut qu’Électre, fille d’Agamemnon, roi de Mycènes, et de Clytemnestre, soit bannie du palais et vive dans un bordel. Princesse déchue, elle passe des plus hautes sphères aux bas-fonds et croit son frère Oreste mort alors que ce dernier a été sauvé par la nourrice et envoyé dans un pays lointain. Oreste revient venger la mort de son père qui aurait été tué par sa mère et l’amant de celle-ci, Égisthe.

Odyssée cabaret
Tableaux, danses, chants, costumes, maquillages, masques, musiques live, mise en scène simple et ô combien efficace, «Électre des bas-fonds» est un spectacle complet et nuancé mettant en scène des morts-vivants, des vivants meurtris, des fantômes du passé et des âmes errantes du futur. Il plonge dans l’histoire, la légende, le rêve et est raconté tel une fable maudite ou un conte sombre. La force de Simon Abkarian réside dans sa cette capacité à rendre le texte à la fois intemporel et universel, à conter une histoire dans laquelle tout le monde peut s’identifier. Avec les mots comme les chants, les costumes comme les danses, on est à la fois en Europe, en Asie, en Afrique, à mi-chemin entre l’Orient et l’Occident, où les personnages pourraient venir d’un passé proche ou d’un futur lointain. La force et l’intensité du texte subliment les mouvements précis et gracieux d’acteurs puissants. Assaad Bouab en Oreste, déguisé en femme pour passer inaperçu, est touchant et troublant à la fois. Sa sensibilité à fleur de peau est transformée en une force d’interprétation qui hypnotise la salle à chacun de ses passages. Face à lui, une Rafaela Jirkovsky habitée, sûrement la révélation de ce spectacle. En «Adjani troyenne», la comédienne incarne Chrysothémis avec grâce et intensité. Un jeu d’une belle justesse et nuancé qui passe de la tyrannie au sacrifice jusqu’ à basculer dans la folie. Simon Abkarian écrit pour la femme, pour les femmes! De Catherine Schaub Abkarian à Aurore Frémont en passant par Frédérique Voruz; reine folle et mère indigne, princesse bannie et torturée ou chef d’orchestre des prostituées, elles mènent la danse de cette pièce aussi féminine que féministe. Une danse de la mort pleine de vie et débordante d’humanité au début d’un printemps qui rappelle le Jour des morts (El dia de los muertos) dans la culture mexicaine tellement bien exécutée sur une musique live signée par le trio vitaminé Howlin’Jaws. Djivan Abkarian, Baptiste Léon, Lucas Humbert à la guitare, contrebasse et batterie, accompagnent des comédiens et subliment une mise en scène intelligente à laquelle ils s’invitent volontiers avec leur look mi-Elvis Presley mi-Beatles.

En plus d’écrire et de mettre en scène, Simon Abkarian joue et il est impérial. L’enfant du Soleil n’ a pas froid aux yeux et sait parler à l’âme. Il dénonce subtilement, se révolte dignement, pointe du doigt agilement, se joue de tout avec un rien. En accompagnant Électre dans les bas-fonds, il fait remonter les conflits de ce monde à la surface. Hauts les cœurs.

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