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Chouchou du Jamel Comedy Club, Farid Chamekh est un électron libre de l’humour. Maghrébin mais pas banlieusard, il se raconte autrement dans ses sketchs vitaminés qui mêlent danses et musiques. Un vrai one man show à l’américaine. Échange avec un humoriste au supplément d’âme et au supplément d’humour.

À quel point ce Jamel Comedy Club a été déterminant dans votre carrière ?
C’est la meilleur moyen d’être en lumière. Aujourd’hui, il y a énormément de comédiens très très bons mais ils n’ont pas l’audience méritée. Il y a internet, certes, qui facilite les choses. Mais des fois, ce n’est pas suffisant. Le Jamel Comedy Club est une plateforme qui permet d’être mis en lumière facilement. Et le tout grâce à Jamel Debbouze puisque c’est lui qui valide les artistes. J’ai eu de la chance de faire des émissions en plus de faire partie de la troupe et surtout de faire les premières partie de Jamel. C’est une chance inouïe. C’est une marque de confi ance incroyable, une belle validation. Moi, je le regardais à la télévision quand j’étais petit ! Et jamais de la vie, je n’aurai pensé ne serait-ce qu’une seconde que j’allais pouvoir bosser avec lui. Je suis ravi en tant qu’artiste. C’est mon co-producteur qui plus est, j’ai beaucoup de chance. On est vraiment privilégiés. On a tendance à l’oublier mais nous sommes des privilégiés.

Vous ne jouez pas la carte du communautarisme dans votre humour… Oui !
Je n’en ai pas envie. Parce que cela a beaucoup été fait. Très honnêtement, comme moi j’ai grandi en campagne en France, dans un milieu rural. Je n’ai pas vécu en cité. Je ne peux pas raconter ma vie de banlieusard si je ne l’ai pas vécue. Ça sonnerait faux dans ma bouche. Je préfère être sincère avec le public. Je sais pas expérience que ce qui marche avec le public c’est la sincérité. Le communautarisme, je ne suis pas contre. Beaucoup d’humoristes le racontent bien et ça me fait beaucoup rire. Mais j’ai plein de choses à raconter avant de parler de mes origines…

Qu’est-ce que vous aimez raconter ?
On a tous un parcours et dans ce parcours il nous arrive des choses. Je pointe du doigt tout ce qui a pu être atypique dans ma vie comme mes voyages, mes rencontres, mon parcours. Quand Jamel me propose une tournée de 150 dates avec 44 Zéniths où je joue devant 9.000 personnes chaque soir. C’est incroyable. Que lorsque l’ont prononce «tournée» devant les gens, on te répond «Ah, ça doit y aller !». Et bien non ! (Rires). Jamel Debouzze, ce n’est pas les Rolling Stones, il est papa maintenant ! (Rires). Je raconte l’envers du décor. J’ai de la chance de faire un métier exceptionnel quand même mais j’adore raconter l’envers du décor et surprendre les gens, les entendre dire : «Ah bon, je ne pensais pas que ça se passait comme ça !». Après j’ai aussi des positions politiques. Je les revendique sans gêne. Je suis aussi musulman, j’ai 38 ans, je commence un peu à vieillir. Ce qui change quand on avance dans l’âge…Je suis préoccupé par les évènements de la société forcément et par mes évènements personnels. Et c’est bien de faire un lien entre les deux…

Comment on se renouvelle ?
Ce renouvellement est la plus grande préoccupation de l’humoriste ! C’est pour cela qu’on entend souvent parler de problèmes de plagiat. Et encore plus pour les gens qui sont mis en lumière. Ils ont prouvé des choses, ils sont arrivés à un haut niveau et il faut qu’ils se maintiennent. Ça demande beaucoup de travail de se renouveler. On fait souvent un one shot, ça marche mais après ? C’est angoissant. On a peur de décevoir le public mais il faut travailler, se creuser la tête. Ça prend toute une vie. Les gens pensent qu’être humoriste c’est monter sur scène, raconter des blagues et reprendre sa vie normale. Pas du tout. C’est un travail de tous les jours. On puise notre inspiration dans la vie, le quotidien. J’étais en soirée hier jusqu’à 4 h du matin. J’ai eu des idées. Je les note. Ce n’est pas vraiment l’endroit pour ! (Rires). Mais il faut réussir à trouver des choses qui touchent les gens pour leur dire qu’ils ne sont pas seuls dans leur galère…

Est-ce que vous écrivez tout le temps ou avez-vous des phases d’écriture ?
J’écris tout le temps ! Je ne cherche pas vraiment les idées. Je vis les moments et je m’inspire. Après il m’arrive de m’enfermer une semaine durant, avec mon co-auteur, pour se parler, échanger, construire des sketchs. Par exemple pour les sketchs TV qui ont un format particulier, c’est très carré. On optimise, on choisit, on met du rythme. Les gens ne doivent pas lâcher. Parce que la télévision est une vitrine incroyable. Pour donner envie aux gens de venir au spectacle. J’ai fais ça pour mon spectacle d’ailleurs. Je me suis enfermé pendant 3 mois… Je ne sortais plus. J’ai vieilli en accéléré ! (Rires). Il y a la phase d’écriture et la phase de test où on essaye des blagues qu’on a jamais fait. C’est angoissant ! Mais c’est comme un sport ! Il faut s’inspirer de tout, sans plagier bien sûr.

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