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Culture

Avec son dernier court métrage, l'acteur, réalisateur et scénariste Ayoub Layoussifi a gagné son ticket pour le cœur des gens. «Tikitat-a-Soulima» qui raconte la dure réalité de la fermeture des salles de cinéma sur fond de quotidien d'une mère célibataire, a raflé plusieurs prix depuis un an. Et cela continue encore. Récit d'une success story.

Simple et sincère fresque sociale, le court métrage «Tikitat-a-Soulima» a fait du chemin après le prix du scénario du festival national du film de Tanger en 2017. Depuis, le court-métrage sillonne le monde et rafle des prix afin de récompenser un sujet traité avec fluidité et humanité. Porté par Ayoub Layoussifi et Hadrien Krasker qui co-écrit, acteur, réalisateur et scénariste qui dirige Fatima Ezzahra Bennacer en mère célibataire et le jeune Ilyass El Jihani qui rêve d'aller voir le dernier film projeté au cinéma du quartier, «Tikitat-a-Soulima» plonge dans la tête d'un enfant rêveur et téméraire.

Le film se passe dans la ville authentique d'Azemmour. Pour la dernière séance avant sa fermeture, le cinéma Marhaba projetait Spiderman. Hassan, 11 ans, veut absolument y aller. Mais il n'a pas un centime et sa mère refuse qu'il y aille. Peu importe, Hassan n'a qu'une seule idée en tête: aller voir le film, coûte que coûte ! Un film qui retrace le souci des salles et du cinéma au Maroc sur fond de difficultés pour une mère célibataire de subvenir aux besoins de son enfant. «Mardi soir, 20h30. Le dernier cinéma d'Azemmour a fermé. Si j'avais eu 11 ans, ç'aurait été le drame de ma vie» confie le réalisateur qui a filmé des scènes de vie, la passion d'un enfant et la frustration d'une mère de la façon la plus naturelle qui soit. Le réalisateur a souhaité là souligner une réalité bien sordide: le manque cruel de salles de cinéma au Maroc. «Le seul et unique cinéma de la ville d'Azemmour, au Maroc, a fermé définitivement il y a dix ans. Cette triste réalité a été le point de départ de notre collaboration» ajoute Ayoub Layoussifi qui filme le désespoir de cet enfant, qui voit une salle où les rêves étaient permis, s'en aller.

«Tikitat-A-Soulima» a été écrit dès le départ comme un conte moderne. Au fur et à mesure de l'écriture, nous nous sommes rendu compte, qu'au-delà de nos différences de culture, nous partagions des thèmes communs: le passage de l'enfance à l'adolescence, la relation entre une mère et son fils, l'absence, la frustration et le dépassement de soi. Ces thèmes, nous avons souhaité les aborder dans ce projet, continue le réalisateur et scénariste, né à Casablanca et qui, après des études en ingénierie, intègre l'école Actor studio de Paris pour suivre sa passion: le cinéma. Avec ce court métrage salué par la critique, il signe un beau film sur l'enfance. «En perte de repères, Hassan brave plusieurs fois l'interdit, cherche inconsciemment ses limites et les trouve, non pas chez lui, mais dans la société agressive qui l'entoure. Avec un père absent, Hassan est obligé de grandir plus vite que les autres, quitte à se brûler les ailes. C'est ce qui fait peur à Jamila, elle aussi en détresse. Ce n'est qu'à la fin, lorsque Hassan et Jamila parviennent à s'écouter et se comprendre, que le jeune adulte en devenir gagne symboliquement son autonomie. Ce point de vue nous tient à cœur d'autant que dans le cinéma marocain, le quotidien d'une mère qui élève, seule, son fils est un sujet peu abordé. Prix du scénario du festival national en 2017, Prix Collège au festival du film francophone court de Vaulx-en-Velin «Un point c'est court» ou encore Grand Prix au Tangier film festival, l'opus d'Ayoub Layoussifi a ému et beaucoup voyagé. «Azemmour, 40.000 habitants, et pas une seule salle! Au Maroc, plusieurs organismes militent pour la sauvegarde des salles de cinéma et se battent pour que le 7e Art puisse survivre à l'heure où le téléchargement illégal, les DVD piratés et l'accès à de nombreuses chaînes de télévision, ont précipité la fermeture des salles. Seulement 37 salles de cinéma sont en activité aujourd'hui contre 280 il y a trente ans. C'est dans cette actualité que nous avons voulu encrer ce projet de court-métrage». 

GCAM Monde rural

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