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Culture

Le tant attendu «Mother !» de Darren Aronofsky a surpris ce mardi matin à Venise. Entre applaudissements et huées, le film d’un des plus grands réalisateurs de ce siècle, n’a pas fait l’unanimité. Zoom sur un chef-d’œuvre incompris.

Après «Black Swan» qui a raflé tous les Oscars, «Jackie» et «Noé» qui ont fait le bonheur du box-office, «Requiem for a dream» qui a marqué le cinéma mondial à jamais, Darren Aronofsky revient avec un film métaphorique, sur la vie, l’humanité depuis le regard de la mère. Un film passionnant, criblé de messages et d’allégories presque bibliques que le réalisateur de génie a écrit en seulement 5 jours. Étonnant lorsque l’on connaît ledit réalisateur qui prend tout son temps pour donner naissance à un film. ««Black Swan» a pris 10 ans avant de voir le jour, Noé a pris 20 ans. Avec celui-là, j’avais le script pratiquement ficelé en 5 jours comme s’il était sorti de nulle part, comme une envie de dénoncer quelque chose qui a surgit d’une façon presque soudaine. Une sorte de rage par rapport à tout ce qu’on vit en ce moment. J’avais besoin de l’exprimer et cela s’est manifesté comme ça», s’étonne le réalisateur qui signe un film à la fois beau et effrayant.

Les raccourcis faciles diront que c’est ce qui explique le manque de cohérence du film, mais ce qu’il faut dire surtout, c’est à quel point ce film travaillé et aussi pointu a pu être pensé en si peu de temps. Le film commence déjà avec une scène presque surréaliste d’une silhouette féminine sous un halo de feu. Telle une créature des ténèbres, elle apparaît quelques secondes avant de laisser place au début du film qui raconte l’histoire d’un couple isolé dans une grande maison à la campagne où un écrivain en panne d’inspiration (Javier Bardem) ouvre sa porte à des inconnus, ce qui semble déplaire à son épouse (Jennifer Lawrence), mais il s’agit bien plus que cela. Aucun personnage n’a de prénom comme si tout était irréel, tout n’est qu’image et imaginaire. Le réalisateur qui aime se jouer de la notion du temps, qui n’hésite jamais à brouiller les pistes entre le bien et le mal et qui efface la ligne entre l’imaginaire et le réel, reprend ces ingrédients qui lui sont fétiches dans «Mother». «Ce qui est intéressant dans ce film, c’est qu’il n’y a pas une seule façon de le lire, il n’y a pas une seule manière de comprendre l’histoire ou de l’interpréter», confie Javier Bardem à la fois profond et naturel dans ce rôle. Il n’en fait ni trop, ni pas assez, il est juste en expression, en émotion, du début à la fin. Perturbant dans le rôle de ce poète mystérieux qui aime sa femme plus que tout mais qui se trouve être en panne d’inspiration et en manque d’amour et de reconnaissance. «Ne suis-je pas assez pour toi ?», lui demandera à plusieurs reprises une Jennifer Lawrence qui porte le film sur ses épaules. C’est à travers son regard de femme aimante, de mère qui sacrifie son être pour sa famille, que l’on comprend la vie de ce couple et à travers lequel on essaie de déceler son passé. Une expérience sensorielle magnifiquement mise en scène avec plusieurs scènes fortes. L’occasion de retrouver Michelle Pfeiffer et Ed Harris en invités invasifs. Une performance à saluer qui sublime ce casting incroyable. «Le principe du film réside dans le mystère.

Le public est constamment challengé par des bizarreries, des choses anormales qui s’enchaînent. Le public ne se sent jamais en sécurité parce que le personnage principal ne se sent jamais en sécurité», confie Darren Aronofsky qui prend un réel risque avec ce film puisqu’il n’est pas dans la continuité des films qui «ont marché pour lui». Un huit clos sur cette maison que le personnage principal construit et passe son temps à peaufiner du début à la fin. Cette notion de «paradis» que l’épouse construit est constamment en danger selon elle, par les autres, les étrangers, les fans, les invités… On comprend que cette notion de construction est importante pour son époux, qui a tout perdu dans un incendie des années plus tôt.

Entre scènes dures et surréalistes, les plans s’enchaînent et le public ne s’ennuie jamais. Qualifié de trop décalé, incompréhensible, «Mother !» a fait jazzer la Mostra. Toutefois, ceux qui prétendent que le réalisateur est passé à côté d’un bon film ont sûrement mal compris. Ils sont passés à côté des messages multiples que ce chef-d’œuvre a proposé. Un film inspirant, rythmé et esthétique qui pousse à la réflexion et au dépassement de soi. Masterpiece. 

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