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La productrice marocaine Khadija Alami vient d’entrer dans le cercle très fermé de l’Académie des Oscars. Une consécration pour le cinéma marocain.

Elle a produit des séries et des films américains et a passé des années à travailler dans l’ombre en construisant une carrière et une réputation de femme de fer. Avant son hommage par le Festival international du film de Marrakech, elle n’était pas connue du grand public. Par contre, dans le milieu, c’est une référence, et une vraie star ! «Être une femme productrice marocaine est un challenge comme partout ailleurs. Je suis honorée et fière.

D'ailleurs, je ne suis pas habituée aux interviews, aux flashs et aux photos, ce n'est pas pour cela que je fais ce métier. On le fait parce qu'on aime les défis et on laisse tout cela aux réalisateurs et aux acteurs», confie Khadija Alami qui vient d’intégrer le cercle très fermé de l’Académie des Oscars. Cette institution a convié 774 personnalités du microcosme du 7e art, issues de 57 pays faisant d’elle la seule femme marocaine dans le cercle, aux côtés du réalisateur Nabil Ayouch. «J’ai rencontré des producteurs américains, lors du dernier Festival international du film de Marrakech. Nous avons gardé contact, échangé. Ils ont été impressionnés par mon CV et m’ont proposé à l’académie. On m’a demandé des justificatifs, et quelques mois plus tard on m’appelait pour m’annoncer la grande nouvelle», confie la productrice qui a du mal à croire ce qui lui arrive.

Connue pour avoir produit «The Narrow Frame of Midnight» (Itar El Layl) de Tala Hadid, «Insoumise» de Jawad Rhalib ou encore pour avoir contribué à la la production d’importants long-métrages américains tels que «L’Exorciste, au commencement» de Paul Schrader, et «Captain Phillips» de Paul Greengrass, notamment à travers sa société K Films, créée en 1998, Khadija Alami a laissé son travail parler pour elle. Jusqu’au jour, où la 14e édition du FIFM l’a contactée pour un hommage. «Aucun festival ne célèbre les producteurs ! On démarre cette carrière en tant que professionnel et non en tant que genre, je n'aime pas les étiquettes», explique celle qui a commencé sa carrière dans l’audit pour gagner en maturité et assurer dans un poste «d’homme» au lieu d’être cantonnée à des métiers comme maquilleuse de plateau ou coiffeuse. Après 30 ans de métier où elle a commencé au plus bas de l’échelle pour arriver au sommet, Khadija Alami peut se féliciter de ce nouveau succès. «Je serai invitée à des avant-premières, de nombreuses réunions où l’on parle cinéma et on a voté pour les films en compétition aux Oscars également.

Quand on me demande d’où je viens, je leur dis que je viens du Maroc. Ça les rend curieux et ils posent des questions sur notre cinéma. J’essaie d’être la voix du cinéma marocain à Hollywood, on m’a déjà demandé de recommander quelques scénarios du pays. C’est une grande opportunité pour nous», confie la productrice qui est persuadée, plus que jamais, qu’il est grand temps d’améliorer la qualité du cinéma pour pouvoir nous aligner et profiter de ce tremplin. «Le problème du cinéma marocain est le scénario, l’écriture. Quand je conseille à des réalisateurs de revoir leur scénario, de se faire aider, ils le prennent mal. Alors que tout le monde se fait aider, corriger, se voit réécrire son scénario. Il n’y a aucun mal à cela. Il nous faut mettre notre ego de côté et travailler sérieusement», continue celle qui est en train de constituer son équipe pour assurer la relève. Actuellement en tournage au Maroc, pour la série «The Nine» produite par la FOX, qui sera diffusée dans 50 pays européens et africains, et qui table sur une audience de 250 millions de téléspectateurs, Khadija Alami cumule les projets tout en faisant de la place à sa nouvelle casquette de membre de l’Académie des Oscars. Fervente défenseuse du cinéma marocain, elle fait la promesse de faire profiter le royaume de son statut privilégié. Reste à savoir si le cinéma marocain sera assez «intelligent» pour tirer le meilleur de ce cadeau cinématographique.  

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