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Bassem Loukil, président-directeur général du Groupe Loukil. Président du Conseil d’affaires tuniso-africain.

Le patron du puissant groupe tunisien Loukil et non moins président du Conseil d’affaires tuniso-africain, constate que les entreprises marocaines et tunisiennes sont plutôt concurrentes en Afrique subsaharienne, au lieu d’y fédérer leurs forces et d’augmenter leurs chances de réussite sur place. Selon Bassem Loukil, des partenariats sont pourtant possibles dans plusieurs secteurs. Interview exclusive...

Les Inspirations ÉCO : Pouvez-vous nous présenter le groupe Loukil ?  
Bassem Loukil :  Le groupe Loukil est un groupe privé fondé en 1976 et qui comporte aujourd’hui cinq pôles d’activités, regroupés en mini-holdings. Le premier pôle est l’agro-industrie avec lequel nous avons débuté en 1976. Il regroupe tout ce qui se rattache à l’agriculture, allant de l’équipement, à la fertilisation, aux semences, en passant par le conseil et l’exploitation agricole. Le deuxième pôle est le secteur de l’automobile, notamment la distribution et la fabrication de pièces automobiles. Nous nous sommes même lancés dans une unité de montage de pick-ups avec un partenaire chinois. Nous fabriquons aussi pas mal de composantes automobiles pour l’export. Le troisième pôle est le BTP, le quatrième est constitué des Télécoms & IT et là aussi, nous venons de lancer une unité de fabrication d’articles électroménagers avec un partenaire égyptien. Enfin, notre dernier pôle d’activité se concentre sur les services, à savoir des services financiers, du conseil, services à l’export et immobiliers. Ces différents pôles nous ont permis de consolider notre position de leader sur plusieurs segments du marché tunisien.

Qu’en est-il de votre présence hors de la Tunisie ?
Sur le continent, nous avons d’abord lancé des activités liées à l’agriculture, notamment le traitement des sols, les fertilisants, les machines agricoles, etc. Cela nous a permis de créer des activités pour nos filiales industrielles. L’objectif de notre stratégie africaine est de créer des marchés pour nos filiales et non les sociétés que nous représentons en Tunisie. Aujourd’hui, nous sommes actifs sur 7 marchés africains que sont la Mauritanie, le Mali, le Sénégal, la Guinée Conakry, la Côte d’Ivoire, le Burkina-Faso et Djibouti.

Comment se comportent vos indicateurs financiers et quelle est la taille du groupe ?
En 2017, nous avons dépassé la barre de 655 millions de dollars de chiffres d’affaires global avec la contribution de l’ensemble de nos 37 filiales. Nous espérons faire mieux en 2018 et je pense que nous allons dépasser le cap des 800 millions de dollars. Sur les quatre dernières années, nous avons pu enregistrer une croissance annuelle de 25% de notre chiffre d’affaires et plus de 50% de cette croissance proviennent de l’export. Notre groupe compte 4.780 employés et nous en créons davantage, notamment sur le continent, avec l’ouverture de filiales subsahariennes.

Existe-t-il des partenariats entre entreprises tunisiennes et marocaines, notamment en Afrique subsaharienne ?
Je ne pense pas qu’il puisse y exister des partenariats entre des groupes marocains et tunisiens. Beaucoup de ces partenariats ont échoué, tout simplement parce que nous avons les mêmes stratégies. En réalité, nous sommes des concurrents qui évoluent sur les mêmes secteurs d’activités, les mêmes produits et qui ciblent les mêmes marchés sur le continent. Nous ne pouvons malheureusement qu’être des concurrents.

Pensez-vous qu’il y ait un intérêt à un partenariat en Afrique subsaharienne ?
On aimerait bien y aller main dans la main afin de nous attaquer à des marchés gigantesques comme le Nigéria et l’Afrique du Sud. Il serait mieux de créer des synergies et de jouer sur nos complémentarités au lieu de se neutraliser. Cela nous permettrait de faire un meilleur lobbying et de mieux réussir nos activités.

Dans quels secteurs ces synergies sont-elles possibles ?
L’agro-industrie par exemple ainsi que l’automobile, les IT et les intelligences artificielles. Sur la plupart de ces plans, je pense que la Tunisie a une longueur d’avance alors que le Maroc se rattrape. Nous avons des startups qui brillent à l’échelle internationale et peuvent faire bénéficier leurs partenaires marocaines de leur expertise. Cela est possible via des accords politiques et économiques !

Que pensez-vous de la Zone de libre-échange continentale (ZLEC) ?
La ZLEC est un rêve qui devient réalité mais à condition que ses contours soient clairement expliqués aux hommes d’affaires africains, qui en seraient les premiers concernés. Il faut leur expliquer les détails de la ZLEC, les délais de sa réalisation, mais aussi les forces qui sont derrière cette initiative. En tant que Tunisien, Africain et Méditerranéen, je me méfie très souvent de ces accords qui sont parachutés du jour au lendemain. Les communautés d’affaires n’ont pas suffisamment été impliquées lors des négociations. Je crains vraiment qu’au finish, on ne se retrouve avec un grand marché de circulation libre pour les produits chinois ou turcs. On ne doit pas être la proie de ces multinationales qui risquent de nous réunir dans une seule cage. Si tel n’est pas le cas, alors il faut absolument se mettre au travail pour préparer les hommes d’affaires africains à l’entrée en vigueur de la ZLEC.

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