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En dépit d'une conjoncture mondiale difficile, Royal Air Maroc (RAM) est arrivée à respecter les termes du contrat-programme, notamment pour ce qui est de l'équilibre financier, aussi fragile soit-il. Encore faut-il éviter toute tentative de déstabilisation.

En 2011, RAM signait avec l'État le contrat-programme 2011-2014 afin de sauver la compagnie nationale qui traversait une zone de turbulence sans précédent, menaçant même sa continuité d'exploitation. Au terme d'une profonde opération de lifting et de restructuration, «RAM a globalement respecté les engagement contractuels et a même amélioré ses résultats plus rapidement que prévu», comme annoncé dans le rapport 2015 de la DEPP.

Un équilibre fragile
Le même rapport exprime un satisfecit quant à l'engagement de RAM d'assurer une rentabilité et son succès quant à atteindre un équilibre financier, après des déficits cumulés évalués en milliards de dirhams. RAM a pu redresser la situation grâce à une économie annuelle globale, à travers notamment la rationalisation des effectifs et des charges de fonctionnement et la restructuration du réseau et de la flotte. Une démarche salutaire puisque l'impact sur le résultat d'exploitation est indéniable, passant d'un déficit de 499 MDH en 2011 à un résultat d'exploitation positif de 522 MDH, soit une augmentation de 204%. L'amélioration du résultat net est encore plus révélatrice, passant d'un déficit de 1.736 MDH en 2011 à un bénéfice de 203 MDH en 2015 et de 520 MDH en 2016. RAM arrive donc à réaliser des bénéfices pour trois exercices de suite (l'arrêté des comptes 2017 n'est pas encore finalisé, mais nos sources confirment la réalisation de bénéfices même si ce n'est pas au niveau de 2016). C'est donc le moment de sécuriser l'assise financière de la compagnie, de continuer son plan de rationalisation des charges et de tourner définitivement la page des difficultés financières.

Des pilotes pas «en ligne» ?
Au moment où l'État marocain compte lever le pied sur l'accompagnement financier de RAM, qui commence à sortir la tête de l'eau, la catégorie du personnel la mieux payée compte mener la vie dure à la direction de la compagnie, revendiquant une augmentation de salaire pour le moins hallucinante. De source interne à l'Association marocaine des pilotes de ligne (AMPL), cette dernière exerce une pression pour obtenir une augmentation nette de 30.000 DH par mois pour le personnel naviguant technique (PNT) en plus des primes afférentes! Il faut rappeler que les pilotes de ligne marocains touchent en moyenne un salaire mensuel net d'impôts de 140.000 DH pour les commandants de bord, et 100.000 DH net pour les copilotes. À titre de comparaison, les commandants de bord d'Air France touchent un salaire moyen de 180.000 DH (16.158 €) et les copilotes 125.000 DH (11.340 €), dans un pays où le Smig est de 14.300 DH (1.300 €), soit respectivement 12 et 9 fois le Smig français. Au Maroc, nos commandants et copilotes touchent déjà respectivement 47 fois et 33 fois le Smig marocain !  


Un pilote marocain touche 33 fois le Smig

Comme précité, le salaire moyen d'un commandant de bord est de 140.000 DH net par mois et de 100.000 DH net par mois pour un copilote, soit respectivement 47 et 33 fois le Smig marocain, en dehors des primes. Un niveau de salaire qui place les pilotes marocains comme les mieux payés au monde, rapporté au niveau de vie du pays. Cela n'a pas empêché l'AMPL de revendiquer une augmentation de salaire de 30.000 DH par mois net d'impôts, soit presque une année de Smig rien qu'en augmentation de salaire! Et pour enfoncer le clou, l'AMPL revendique la rétroactivité, à janvier 2017, de 50% de cette augmentation, soit 15.000 DH, et le reste à étaler sur les deux exercices suivants. Contacté par Les Inspirations ÉCO, Amin Mkinsi , président de l'AMPL, n'a pas nié cette revendication. Il  indique que les négociations sont en cours et qu’il ne peut, par conséquent,  rien communiquer sur le sujet.

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