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Le marché des pelouses synthétiques est dopé par la commande publique et privée. Zoom sur une activité en plein essor.

«Le gazon synthétique est un marché juteux», lance d’entrée de jeu Lahcen Mouher, expert dans les revêtements des surfaces sportives et spécialement du gazon pour les terrains de football. Le revêtement d’un terrain de football en gazon synthétique coûte entre 7 à 8 MDH. Pour un terrain de mini-foot, le coût peut atteindre 1 MDH incluant les infrastructures de drainage et d’entretien. Les multiples appels d’offres de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) depuis 2014 ainsi que les projets de centres privés de sport font le bonheur des acteurs de ce marché. Ce boom suscite une concurrence qui n’est pas toujours fair-play.

1re mi-temps : 2006-2014
L’histoire de l’introduction du gazon synthétique au Maroc, c’est aussi celle des scandales de la gestion sportive dans le pays. En 2006, le FRMF lance son projet de réalisation de 16 pelouses en gazon synthétique pour les équipes de 1re et 2e divisions ainsi que de terrains pour les 16 centres de formations des clubs. Les protestations fusent suite à ce choix. Ces voix ne seront pas écoutées. Le gazon utilisé était de piètre qualité et les terrains des centres de formation seront abandonnés. «Le gazon synthétique utilisé à cette période était de 1re génération. Cette matière sera abandonnée car elle a été la cause de blessures de plusieurs joueurs», rappelle notre expert et responsable commercial chez la société Coter Maroc. Ces pelouses ont montré leurs limites en termes de résistance et de protection de la santé des joueurs. «Les produits utilisés peuvent être cancérigènes. Pour cette raison, il faut garantir un contrôle strict des procédés de fabrication», insiste Mouher. D’ailleurs, les pelouses du stade El Harti de Marrakech ou de Sania Rmel à Tétouan avaient rapidement constitué un handicap pour les joueurs où plusieurs footballeurs avaient des difficultés respiratoires au contact de ces pelouses.

2e mi-temps :  À partir de 2014
Avec l’arrivée de l’équipe de Fouzi Lakjaâ, la FRMF décide de ne plus utiliser le gazon synthétique pour les équipes de la Botola 1, tout en multipliant par dix le nombre de terrains couverts de ce type de pelouses pour les divisions amateurs. Pour Mouher, ce choix se justifie pour des raisons économiques : «Le coût horaire d’une pelouse de gazon synthétique est de 50 DH contre 150 à 200 DH/H pour le gazon naturel», compare-t-il. La convention gouvernement-FRMF pour la période 2014-2017 dotée d’un budget de 1,5 MMDH prévoyait, entre autres, la réalisation de 90 pelouses pour les clubs amateurs de football. 12 pelouses seront ajoutées à cet objectif initial, portant le nombre de pelouses couvertes à 102 terrains. 62 terrains ont été déjà livrés. Les travaux de réalisation des terrains restants sont «en cours de démarrage», rassurait la FRMF en août dernier. Ce marché a été réparti en 7 lots portant sur autant de régions : Sahara, Marrakech-sud, Tadla-Doukkala, Casablanca, Fès-Meknès, Gharb-Nord et Oriental. Pour éviter les couacs de la qualité du gazon utilisé en 2006, la FRMF stipule dans son cahier des charges d’utiliser un gazon certifié FIFA (voir encadré). Depuis 2014, le marché du gazon synthétique a le vent en poupe comme en témoigne la forte présence des entreprises du secteur lors du dernier Salon international du sport et des loisirs. Les 102 terrains ont nécessité un investissement de 886 MDH, soit un coût par terrain de 8,6 MDH. Le président de la fédération justifie cet investissement public : «La pratique du football ne peut être réduite à la Botola Pro. Le Maroc connaît chaque semaine l’organisation de 3.000 matchs de football. Pour assurer l'accueil de ces rencontres dans des conditions idéales, les besoins sont énormes», rappelle Lakjaâ.

Pour cette raison, la convention gouvernement-FRMF a été reconduite pour les cinq prochaines années (2017-2021). L’enjeu autour de ces appels d’offres suscite déjà une concurrence entre les acteurs de ce marché. «Tout le monde s’improvise spécialiste du gazon synthétique», s’enflamme un acteur du marché représentant d’une société italienne spécialisée dans ce type de surfaces. Ce dernier s’indigne contre «le manque de professionnalisme de certains acteurs du marché», ajoute-t-il. Pour Mouher, représentant la société Coter, le marché est en cours d’assainissement : «Comme dans tous les secteurs, des professionnels et des nouveaux venus existent. Ces derniers ont vu qu’il y avait de l’argent à gagner sur ce créneau, ils se sont rués, mais le marché saura identifier ceux qui ont une réelle maîtrise du secteur et les autres». Pour le moment, une chose est sûre : les quatre prochaines années s’annoncent prometteuses pour ce marché.


Une certification FIFA contestée

La participation aux appels d’offres de la FRMF est conditionnée par l’obtention d’une certification «FIFA Recommended». «Ce critère est discriminatoire contre les entreprises qui ne reconnaissent pas cette norme», affirme une société étrangère basée au Maroc et spécialisée dans ce secteur. Pour cette entreprise, «la certification FIFA n’est pas crédible». Cette société estime que la FIFA est «juge et partie». La certification de la FIFA est payante, le coût de cet audit est à payer auprès de la…FIFA. 

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