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Prévue une fois tous les trois ans, la révision du contrat de gestion déléguée du transport urbain par autobus à Casablanca n’a jamais été opérée depuis 2008. Le Conseil de la ville et M’dina Bus se jettent la responsabilité en attendant le résultat de la mission d’audit ordonnée par le ministère de l’Intérieur et confiée au cabinet KPMG.

L’affaire de l'agression d’une jeune fille à bord d’un autobus casablancais a eu le mérite de remettre au centre du débat public la problématique du transport en commun dans la métropole. Le président du groupe du RNI au sein du Conseil de la ville a saisi l’occasion pour demander au maire Pjdiste de tenir d’urgence une session extraordinaire afin de discuter de la situation alarmante du secteur du transport et d’interroger par la même occasion le directeur de la société délégataire du transport urbain, M’dina Bus. «À ce jour, nous n’avons pas reçu de documents officiel dans ce sens», indique-t-on du côté de la compagnie de transport en commun, filiale commune de la RATP et de la CDG.

Parallèlement, des sources judiciaires affirment que le Parquet aurait étendu l’enquête sur l’affaire de viol de la jeune fille pour définir cette fois-ci les responsabilités de la société M’dina Bus et les raisons qui l’auraient empêché de dénoncer en son temps ce crime odieux qui a été traité en long et en large par les médias internationaux. Le management de M’dina Bus a jusqu’ici nié toute responsabilité de l’entreprise, en attendant de retrouver les images de la scène du crime filmées par les caméras embarquées dans le bus. «L’enquête de la police se fait en étroite collaboration avec M’dina Bus qui ne fuit absolument pas ses responsabilités. Nous restons disposés à fournir aux enquêteurs les éléments dont ils ont besoin», souligne Youssef El Ouedghiri Idrissi, directeur du capital humain et responsable de la communication de M’dina Bus. Pour des raisons de confidentialité, l’enquête n’a jusqu’ici pas révélé ses secrets, notamment la date et le lieu précis du crime.

Déficit chronique
Sur les réseaux sociaux, les réactions des internautes s’enchaînent, pointant non seulement le manque de sécurité caractérisant les transports en commun à Casablanca, mais aussi l’état de vétusté du parc d’autobus en circulation. Sur cette question précisément, sachant pertinemment que rien ne peut justifier le viol, le porte-parole de M’dina Bus s’abstient de tout commentaire, arguant ne pas vouloir interférer dans la mission d’audit confiée par le ministère de l’Intérieur au cabinet KPMG, au sujet du contrat de gestion délégué signé avec le Conseil de la ville. «La direction de l’entreprise a choisi de respecter la période pré-annonce des résultats de l’audit du contrat en s’abstenant de toute déclaration qui serait interprétée comme une tentative d’influencer les résultats dudit audit lequel définira de façon impartiale les responsabilités de toutes les parties prenantes», affirme le porte-parole de M’dina Bus. Prévue initialement en juin dernier, l’annonce du résultat final de l’audit de KPMG ne tardera pas à se concrétiser, apprend-on d’une source proche de ce dossier au sein du Conseil de la ville. Contre une enveloppe de 4,5 millions DH, le cabinet KPMG qui a remporté l’appel d’offre en juin 2016, a pour mission d’évaluer le contrat de gestion déléguée pour la période allant de 2004 à 2015, en opérant une série de contrôles d’ordres économique, financier, technique et juridique. Les auditeurs doivent fournir une analyse minutieuse des dysfonctionnements du secteur (vétusté, pannes, incendies).

Aussi, il s’agit de proposer un scénario approprié pour le développement et l’amélioration du service de transport ainsi qu’un plan d’action pour le redressement de la situation, en particulier sur le plan financier. En effet, les pertes cumulées par M’dina Bus depuis 2004 ont dépassé la barre d’un milliards DH avec un déficit annuel moyen de l’ordre de 120 millions DH.

L’audit est censé baliser la voie à une révision tant attendue du contrat de gestion déléguée. Pour rappel, le deal conclu entre le Conseil de la ville et M’dina Bus prévoit une revue triennale des engagements, histoire de réajuster les clauses dudit contrat en fonction de l’évolution de la situation. Or, depuis 2008, aucune révision n’a été opérée pour des raisons jusqu’ici inconnues. Les deux parties se jettent la responsabilité en attendant les résultats de la mission d’audit de KPMG. Une réunion de restitution des conclusions dudit audit est prévue dans les jours qui viennent, en présence de l’autorité de tutelle (ministère de l’Intérieur), l’autorité délégante (Conseil de la ville), le gestionnaire délégué (M’dina Bus) et le cabinet d’audit (KPMG). 

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