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Le dialogue social est au point mort au sein de la Société nationale des autoroutes du Maroc (ADM). Depuis mars dernier, neuf jours de grève ont été observés par les employés des trois syndicats de la société.  Une solution s’impose car les pertes sont estimées, par les syndicats, à 8 MDH par jour.

Le climat social est très  tendu au sein de la Société nationale des autoroutes du Maroc (ADM). Les grèves des employés s’enchaînent et la situation  semble sans issue. Le dialogue social est, en effet, au point mort malgré les pertes engrangées quotidiennement par cette institution nationale. Aucun chiffre officiel n’est encore donné sur l’ampleur de ces pertes qui sont estimées, par les syndicalistes, à 8 MDH par jour en se basant sur le chiffre d’affaires annuel d’ADM. Jusque-là,  neuf jours de grève ont été observés depuis mars dernier. Les pertes devraient, ainsi, être énormes, d’autant plus que les syndicats brandissent un taux de participation de 100%. Contacté jeudi par les Inspirations ÉCO, le DG de la société, Anouar Benazzouz, est resté injoignable en raison de «ses multiples réunions», selon ses collaborateurs. Jamais la crise au sein d’ADM n’a atteint une telle ampleur. Les trois syndicats de la société (cadres, techniciens et employés d’exploitation) accordent leurs violons pour jouer la même partition. Ce qui est, d’ailleurs, «à l’origine de la réussite du mouvement de débrayage car les péagistes ne sont pas les seuls à mener le mouvement de protestation», selon les syndicalistes qui ne sont visiblement pas prêts à lâcher du lest.

Après la grève de quatre jours qui vient de prendre fin, une autre de 48 heures est observée les 25 et 26 mai. Un sit-in a été tenu jeudi devant le siège du ministère de l'équipement et du transport durant lequel les manifestants ont appelé au départ du directeur général. Pour Nabil Arsalane, SG du Syndicat national des cadres de la Société nationale des autoroutes du Maroc (UMT), la coalition des trois syndicats ne réclame que le respect des lois et procédures en vigueur. Même son de cloche auprès de Said Zedazi, SG de la Fédération nationale des Autoroutes du Maroc (UNTM): «on n’a pas de doléance. On demande de corriger les violations commises par l’administration». En gros, le cahier revendicatif des syndicats est axé sur trois points principaux. Le premier dossier est relatif à l’application de deux conventions collectives qui concernent, d’une part, les employés titulaires et, d’autre part, les employés d’exploitation relevant des quatre sociétés de sous-traitance. Les deux ont été finalisées avec les représentants de l’administration, mais sans qu’elles soient validées par la direction générale.

Ces deux documents visent  à organiser l’évolution de carrière des employés, améliorer les prestations sociales et garantir la stabilité pour les agents de péage qui se plaignent, entre autres, du non respect de l’ancienneté. Certains d’entre-eux réclament leur intégration à ADM depuis 2011. Des questions se posent sur l’utilité de confier la mission d’exploitation à des entreprises de sous-traitance alors qu’elle relève de l’une des vocations principales de la société nationale. ADM dispose de moins de 500 employés titulaires, tandis que le nombre des employés d’exploitation s’élève à 1.500. Le second dossier a trait à la réorganisation du statut du personnel sans concertation avec les syndicats. Validée par le Conseil d’administration en décembre dernier, la nouvelle restructuration est vertement critiquée par les syndicalistes qui disent ignorer, jusque-là, sa finalité ainsi que sa teneur globale. «Les informations autour de cette réorganisation sont fournies au compte-goutte malgré nos revendications», précise Arsalane. Les syndicalistes craignent le pire et déplorent l’éviction de tous les responsables pour procéder à de nouveaux recrutements qualifiés de suspects. Déjà, «quelque 35 cadres ont été forcés au départ volontaire depuis juin 2016. Un bureau régional syndical de sept employés a été mis à la porte. L’affaire est entre les mains de la justice», note le représentant de l’UMT. Un autre point est soulevé: la nécessité de respecter les libertés syndicales. La direction est accusée d’avoir privé délibérément les employés titulaires relevant des syndicats de primes de rendement et de promotions amplement méritées.

À cela s’ajoute la transformation de contrats CDI de certains employés d’exploitation en CDD. La direction générale est appelée à s'asseoir à la table des négociations pour mettre fin aux tensions car la crise risque de s’enliser. L’initiative du ministère de l’Intérieur le 19 mai dernier n’a pas permis d’aboutir aux résultats escomptés. Le DG d’ADM n’a pas accepté de signer le procès-verbal de la rencontre tenue avec les représentants de l’Intérieur et de l’UMT, selon nos sources syndicales. Durant cette réunion, il était convenu de répondre aux revendications des syndicats en ce qui concerne tant les employés titulaires que ceux d’exploitation (ancienneté, prime de rendement, promotion, négociations autour de la réorganisation…). Aujourd’hui plus que jamais, le dialogue s’impose entre les deux parties. ADM est appelée à s’expliquer sur cette situation et à donner des réponses claires à l’opinion publique et aux médias. Le dernier communiqué d'ADM, qui date du 15 avril dernier, est plutôt axé sur les employés d’exploitation.

La société  réfute les accusations ayant trait aux conditions de précarité, d’instabilité d’emploi et des acquis sociaux des salariés des sociétés privées prestataires d'ADM, relevant que quelque 1.046 d’entre eux (soit 70%) sont recrutés dans le cadre d’un CDI. ADM assure que l’ancienneté est prise en compte et les avantages garantis, comme l’affiliation à la CNSS, l’AMO comme le  et la prime de Aïd Al Adha. 

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