Les participants à la journée d’étude sur le football national ont produit une série de recommandations pour remettre le sport sur les rails.

Le diagnostic est connu : un football professionnel empêtré dans des pratiques amatrices, un football amateur sous-équipé et gangrené par des pratiques frauduleuses, un football féminin dans le coma et dépassé par ses concurrents continentaux et la liste des maux est longue. Pour sortir de cette situation léthargique, les participants à la journée d’étude sur le football national organisée par la Fédération royale marocaine de football (FRMF) le 5 août dernier à Skhirat ont annoncé des recommandations à l’issue de quatre ateliers programmés (football diversifié, professionnel, amateur et féminin). La principale recommandation de l’ensemble des participants est la création de quatre ligues de football à la place de deux actuellement. «Des ligues indépendantes et puissantes», comme l’a exigé le président de la FRMF. Voici les principales recommandations.

Football professionnel
SA contre carotte fiscale
Plusieurs recommandations ont été émises dans ce secteur. Nous retiendrons celles relatives au modèle économique. La première dans ce registre appelle à «transformer l’association sportive en société anonyme sportive (SAS)». Comme nous l’annoncions dans l’édition du 6 août, cette réforme devient obligatoire à partir de cette édition de la Botola. Les participants appellent à «accompagner les clubs dans le processus de transformation en SAS tout en respectant la loi 30-09 relative à l’éducation physique et aux sports». Sur le plan fiscal, «les clubs demandent la mise en œuvre du plan comportant la baisse des taux d’imposition et de veiller au respect de l’égalité à travers la promotion de l’esprit sportif lors des négociations de transfert des joueurs».

Football amateur
Tout est à revoir
Cet atelier a produit un tiers des recommandations de cette journée d’étude. 24 recommandations réparties entre les registres de la gouvernance, la formation et les infrastructures. De grands défis attendent ce secteur névralgique pour le développement de toute pratique sportive dans ce pays. Pour améliorer le système de formation, les participants appellent à «mettre en place des outils de suivi des catégories d’âges au niveau des ligues» et «de mettre en place des directions techniques au niveau des ligues et championnats amateurs». Sur le plan des infrastructures, l’atelier recommande notamment «de mettre en place des partenariats avec les communes territoriales et l’Éducation nationale afin que les clubs disposent du droit d’exploitation, ainsi qu’un cahier des charges consacré à l’usage des nouveaux clubs à ses installations». Dans le domaine de la gouvernance, les participants proposent de «revoir le statut du joueur amateur, contrôler le transfert des joueurs, mettre en place des outils permettant aux clubs amateurs de protéger ses joueurs, proposer une nouvelle formule pour les championnats nationaux afin d’élever la compétitivité, interdire le cumul de licences des joueurs amateurs et futsal, établir une conformité entre le nouveau découpage régional et les ligues régionales. En termes de subventions, le football amateur «propose une retransmission télévisée des dix matchs lors de chaque saison du championnat amateur tout en bénéficiant des retombées». Enfin, pour améliorer la couverture médicale des pratiquants dans les divisions «amateurs», les participants rappellent qu’il s’agit «d’instaurer l’assurance maladie et faciliter sa procédure et mettre en place une caisse de retraite pour les joueurs amateurs».

Football féminin
Tout reste à faire
Dans ce palier du football, le Maroc n’a pas réellement entamé un travail de structuration de cette activité sportive. Pour cette raison, treize recommandations ont été émises. La première est de «mettre en place une ligue de football féminin». Ensuite, les participants appellent à une série de recommandations : «Renforcer l’arsenal juridique favorable aux clubs, réglementer le transfert des joueuses avec des contrats, obliger les clubs à disposer d’un cahier des charges, revoir le système de jeu du championnat selon une formule visant le développement du football féminin, obliger les clubs Élite à disposer de la catégorie football féminin».

Futsal et beach-soccer
Dans ce qu’on appelle dans le jargon footballistique, le football diversifié, les recommandations étaient surtout techniques. Elles ont concerné «la généralisation de la pratique du futsal au niveau des ligues et établissements de l’enseignement et élargir et renforcer la formation des entraîneurs au niveau national et régional qualitativement et quantitativement». Sur le plan administratif, les participants proposent de «séparer entre la pratique du futsal et celle du beach-soccer en raison des spécificités de chaque spécialité, beach-soccer, structurer le beach-soccer à l’instar du futsal et mettre en place des commissions régionales en charge de la pratique du beach-soccer». 

Le Flash Sport

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