La Fédération royale marocaine de football (FRMF) accélère le chantier de la transformation des clubs en SA. La FRMF a reçu le soutien gouvernemental et entame une restructuration de sa gouvernance pour piloter ce projet.

Gonflé à bloc par les bons résultats sportifs des équipes nationales et des clubs, Fouzi Lakjaâ, président de la FRMF, est entré confiant dans la grande salle du centre de conférence Mohammed VI à Skhirat, le 15 septembre. Il est en territoire conquis. Les rapports moral et financier sont votés à l’unanimité par les 48 délégués des clubs et ligues présents. Une formalité pour le nouvel homme fort du football national. L’enjeu de cette AG était ailleurs. Il fallait convaincre les clubs de Botola 1 de faire passer leur activité de football professionnel d’association à SA, comme le prévoit la loi 30-09. Cette disposition devait être appliquée à partir de la saison 2018-2019, sauf que les clubs n’ont pas entamé cette transformation à temps. Une transition qui s’avère plus ardue que prévu. Le temps de cette AG, Lakjaâ, accompagné de Rachid Talbi Alami, ministre de la Jeunesse et des sports (MJS), a tenu à passer des messages et à rassurer les clubs «récalcitrants».

Mise au point de Talbi Alami
«Je ne suis pas responsable des lectures et interprétations que font certains de nos décideurs. Le ministère n’intervient pas dans la gestion des clubs», lance d’entrée de jeu Talbi Alami en ouverture de l’AG. Cette mise au point intervient suite aux décisions du MJS de recaler deux dossiers de transformation des clubs en SA (le WAC et la RSB). Depuis, les adhérents de certains clubs et les comités directeurs d’autres associations sportives ont lancé une fronde «en douceur» contre ce processus de transformation. Ces derniers refusent la scission entre les sections «football» et les autres sports. Talbi Alami apporte son soutien au président de la fédération dans son différend avec ces clubs. «La loi relative à l’éducation sportive permet de créer des associations sportives omnisport comme des associations unisport», rappelle-t-il. Sitôt cet engagement pris, Lakjaâ ne manque pas de remercier le département de Talbi Alami. «La commission ministérielle a tenu des travaux de manière régulière sous la présidence du ministre en personne pour valider les nouveaux statuts des clubs», se réjouit le président de la FRMF. Ce dernier ne manque pas de répondre à ses détracteurs : «Nous ne visons pas le changement d’identité des clubs. Ce projet vise en premier lieu à améliorer leur gestion». Pour y arriver, la FRMF a validé les nouveaux amendements de ses statuts.

Sijilmassi aux commandes de la transformation
Premier amendement majeur, la création officielle de la Commission de la gouvernance en tant qu’instance permanente régie par la section 6 des statuts de la FRMF. Cette commission, présidée par Tarik Sijilmassi, PDG du Crédit Agricole, aura la lourde tâche de continuer la transformation des clubs en SA.

Le deuxième amendement vise également «l’amélioration des méthodes de gestion des clubs». La commission de contrôle et de gestion aura les coudées franches pour procéder au suivi des finances et aux recrutements des clubs. Cette instance, présidée par Abdelaziz Talbi, ex-directeur au ministère des Finances, pourra désormais prononcer des sanctions «applicables». La troisième nouveauté réside dans la création officielle du Comité d’audit interne. Ces trois amendements permettront à la FRMF de boucler un cycle de réformes institutionnelles entamées il y a trois ans, mais qui peinent cependant à aboutir.


Fouzi Lakjaâ
Président de la FRMF

D’importantes étapes ont été franchies dans le processus de développement de la gestion institutionnelle à travers la mise en conformité avec la loi 30-09 et l’activation du processus de création des sociétés sportives, ainsi que l’obligation faite aux clubs d’adopter un plan comptable type.

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